Search Box : l’ultime provocation de la menace Google ?

Search Box : l’ultime provocation de la menace Google ?

google_tips_tricksSi Google constitue un formidable outil de référencement et d’indexation sur internet – en situation de quasi-monopole en Europe –, le mastodonte américain apparaît également, plus que jamais, telle une redoutable menace pour les éditeurs web et plus particulièrement les éditeurs de presse. Le partenariat d’hier semble avoir définitivement laissé sa place à une véritable concurrence, à tel point qu’un groupement anti-trust d’éditeurs européens – nommé « Open Internet Project » (OIP) – s’est constitué il y a quelques mois pour militer contre certaines pratiques du géant américain. « Dernière perfidie en date ? » L’arrivée de la « Search Box ».

Près de 90 % des requêtes des internautes européens étaient effectuées via Google en 2008.
Près de 90 % des requêtes des internautes européens étaient effectuées via Google en 2008. / www.xiti.com

C’est le 5 septembre dernier que la deuxième entreprise la plus puissante au monde a annoncé l’arrivée dans l’hexagone de cette nouvelle fonctionnalité intégrée à sa plateforme. La  « Search Box » permet aux internautes d’accéder au moteur de recherche interne d’un site internet directement depuis « l’univers Google », via un cartouche qui apparaît sous le résultat d’une première recherche. Si la principale raison invoquée par Google pour justifier cette nouveauté est de « simplifier la navigation des internautes pour qu’ils atteignent un contenu spécifique sur un site », il ne s’agit ni plus ni moins que d’un détournement d’audience pour les membres de l’OIP qui ont mis en demeure le moteur de recherche, fin octobre, de supprimer cette fonctionnalité – avant que Google ne fasse finalement marche arrière, quelques jours plus tard. Rappelons qu’une plainte déposée par cette organisation en mai, à l’encontre de Google pour entrave à la concurrence et abus de position dominante, est toujours en cours d’étude par la Commission européenne.

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La Search Box est présente sur le site du Monde. / Capture d’écran de la page d’accueil de Google

La démarche ne semble effectivement pas totalement désintéressée pour l’entreprise californienne puisqu’elle permet au moteur de recherche de garder une partie des internautes quelques minutes supplémentaires sur sa plateforme, les exposant un peu plus à de l’Adword, sur des requêtes encore plus ciblées qu’auparavant. En cela, la « Search Box » permet à Google d’augmenter considérablement son bénéfice publicitaire au détriment des sites internet eux-mêmes. Mais pas seulement. En effet, selon ces derniers, la « Search Box » causerait même une baisse de trafic importante et une dégradation de la qualité des résultats puisqu’elle peut potentiellement rediriger l’audience du site recherché vers un site sponsorisé.

La publicité est omniprésente sur le moteur de recherche (« Adword »). / Capture d’écran de la page d’accueil de Google

La pilule est d’autant plus difficile à avaler pour les éditeurs de presse qu’ils reprochent depuis quelques années déjà au groupe de la Mountain View de ne pas partager ses revenus publicitaires alors même que les principaux mots-clés recherchés sur Google Actualités sont des titres de presse. Circonstance aggravante : 80 % des visiteurs de Google Actualités se contentent de lire les titres et les résumés d’articles sans cliquer sur les liens, et donc sans que cela ne rapporte un centime aux journaux. Le moteur de recherche gagne donc en visibilité en utilisant le travail des éditeurs et en créant du trafic sur ses contenus, sans compensation en retour.

Les recettes publicitaires de Google dépassent celles de la presse depuis deux ans aux Etats-Unis.
Les recettes publicitaires de Google dépassent celles de la presse depuis deux ans aux Etats-Unis. / Business Insider

Le rachat par Google, en 2007, de la régie publicitaire DoubleClick n’a pas non plus calmé les ardeurs des éditeurs, la société de Larry Page étant depuis régulièrement accusée de contribuer à tirer les tarifs de la publicité vers le bas, ce qui est plutôt problématique pour les groupes de presse qui n’ont jamais retrouvé sur le web les recettes qu’ils perdent sur le papier.

Avec de tels éléments paraît-il légitime de se demander : Mais où le géant Google va-t-il donc s’arrêter ?

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