Debout pour Charlie

Debout pour Charlie

« J’avais envie d’écrire mais je ne savais pas par quoi commencer. Entre l’émotion et l’information, c’était dur de faire le tri. J’ai encore envie d’écrire des tas de choses. Des tas de choses qui ont déjà été traitées et lues par tout le monde, mais j’ai l’impression qu’il faut continuer de les dire. »

Voilà les trois seules phrases que j’ai réussi à rédiger cinq jours après ce fameux mercredi 7 janvier. J’avais envie d’écrire des tas de choses avec ma vision d’étudiante en journalisme, émerveillée à chaque instant et n’ayant que pour seule foi celle en l’humanité. Seulement voilà, je n’ai réussi qu’à taper ces quelques lignes. « On était tous anéantis. Je culpabilisais de tout. Je n’ai pas osé écouter de la musique dans ma salle de bains. On était comme des zombies » déclarait récemment Géraldine Nakache dans l’émission « C à Vous » sur France 5. Happée par les évènements, c’est toute la France qui a tourné au ralenti. « Les mails professionnels sont deux fois moins nombreux que d’habitude et je n’ai reçu aucun vœux pour la nouvelle année depuis que ça s’est passé à Charlie Hebdo » me confiait un chercheur de l’INRA encore bouleversé par les évènements.

Ces terroristes français, « connards », « petits cons » ou « salopards » comme on a pu l’entendre à de nombreuses reprises dans les médias, n’ont pas gagné. Ça, c’est une évidence. La marche républicaine du dimanche 11 janvier 2015 sera dans tous les livres d’Histoire. Cette macabre conférence de rédaction restera dans les mémoires, au moins aux chapitres « lutte contre le terrorisme djihadiste » et « combat pour la liberté d’expression ». Évidemment, notre liberté d’expression n’en sort que plus forte, réaffirmée haut et fort auprès de tous les pays d’Europe et du monde. La question que désormais tout le monde se pose c’est : pour combien de temps ? Luz, dessinateur de Charlie Hebdo est clair. C’est désormais à nous, citoyens français, de le prouver, de prendre le relais en continuant à écrire, dessiner, filmer.

 « La France a pleuré, Charlie

Mais ta liberté chérie

Elle est immortelle » – Charlie, Tryo

Au fur et à mesure que l’après-midi suivant la tragique fusillade avançait, mais aussi le lendemain et surlendemain, ce fut un peu plus l’horreur. Le nombre de victimes, les témoignages et représailles islamophobes ont mené chacun de nous, tout naturellement, à la tristesse, la peur et l’incompréhension. Ce fut un condensé de sentiments tous plus insupportables les uns que les autres. Et puis est arrivé dimanche. Même cette marche à continuer nous faire pleurer, mais cette fois de bonheur. Non pas pour la photo de famille de tous ces dirigeants plus ou moins recommandables qui étaient rassemblés à Paris mais seulement parce qu’on savait enfin ce que signifiait le dernier mot de notre devise français : la fraternité. « Je pense de toutes mes forces qu’il faut s’aimer à tort et à travers », confiait François Morel dans son billet d’humeur sur France Inter le vendredi 9 janvier. Loin d’être naïve, la douce insouciante que je suis a donc repris des forces. Au-delà du chagrin, l’envie d’être fascinée par tout, de m’intéresser à la moindre chose, de l’ouvrir pour un rien, s’est décuplée. Ils n’ont pas gagné.

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