Google, rédacteur en chef du web

Google, rédacteur en chef du web

Google News le grand chef des rédactions web. C’est le premier site d’actualité consulté le matin, et l’onglet traîne sur la plupart des ordinateurs au bureau. Les rédacteurs en chef doivent désormais adapter leurs méthodes de travail si ils ne veulent pas se faire un ennemi de ce nouveau collègue.

©Algo

Article le plus lu, partagé, tweeté, commenté, les algorithmes ont pris possession des pages d’accueil des sites Web des grands médias. Ces logiciels vont jusqu’à décider quel titre ou illustration suscitera le plus de clics. Ce n’est plus vraiment le rédacteur en chef qui décide de la mise en scène éditoriale mais bien les grands noms d’internet : Google, Twitter, Facebook, etc. Pour être encore plus rapide et rentables, il n’est d’ailleurs pas rare de voir les pigistes remplacés par des robots. Ces derniers sont bien plus efficaces en référencement que leurs confrères. Pour les concurrencer, les journalistes web re-titrent leurs articles à intervalles réguliers et insèrent des signes de ponctuation dans le but de plaire au tout puissant Google.

A grands coups d’actualisation de la page des news, le rédacteur en chef surveille le classement de ses papiers dans l’agrégateur. La loi du SEO, « Search Engine Optimization », règne dans la rédaction. Que ce soit la titraille, le contenu des articles, la façon dont ils sont écrits et édités, tout doit être remanié pour obtenir une place toujours meilleure dans le cœur de Google. Dans les rédactions est apparu petit à petit un nouveau métier : le spécialiste du référencement. Il n’est pas journaliste mais « sait parler aux moteurs » et peut faire en sorte que le site pour lequel il travaille soit bien – ou mieux – repéré par les moteurs de recherche. Ces maitres du point G sont devenus indispensables. Masha Rigin, spécialiste du référencement pour Thedailybeast.com, expliquait pour le magazine Slate qu’il faut « anticiper ce que les utilisateurs vont chercher sur Google, et avec quels termes ils vont faire leurs requêtes, afin d’utiliser ces termes dans le titre de votre article » et que désormais les titres « drôles et spirituels » sont inutiles. En somme les journalistes sont donc invités à écrire comme des robots.

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