Malgré l’austérité, le Guardian maintient sa ligne de conduite

Malgré l’austérité, le Guardian maintient sa ligne de conduite

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Image CC Bryantbob.

 

Le Guardian, célèbre quotidien britannique de centre gauche, a annoncé lundi 25 janvier un plan d’économie pour redresser ses comptes. David Pemsel, le patron du groupe de presse et Katharine Viner, la directrice de rédaction, ont fixé comme objectif une réduction des coûts de 20 % en trois ans. Mais malgré les vents contraires, pas question de changer de cap. L’information restera accessible au plus grand nombre. 

50 millions de livres sterling (65 millions d’euros). C’est donc ce dont aura besoin le Guardian pour retrouver l’équilibre financier d’ici trois ans. Trois raisons majeures expliquent cette situation difficile : la chute des revenus publicitaires du journal papier, une augmentation plus faible que prévu des revenus de l’édition en ligne, mais aussi les dépenses massives liées à l’expansion du journal à l’international. Le Guardian a embauché à tout va pour ses éditions aux États-Unis et en Australie. Résultat : 479 salariés de plus en trois ans, portant l’effectif total à 1960. Au final, le problème est très simple : les dépenses ont augmenté de 23 % ces cinq dernières années, quand les recettes n’ont progressé que de 10 %. Le groupe, qui détient aussi The Observer, devrait perdre 53 millions de livres (plus de 70 millions d’euros) à la fin de l’exercice qui s’achèvera fin mars.

Pour l’instant, David Pemsel a refusé de confirmer les rumeurs de possibles suppressions d’emplois. Le déménagement du siège, actuellement situé près de la gare de King’s Cross à Londres, est lui sérieusement envisagé, tout comme l’abandon du projet d’aménagement d’un vaste lieu consacré aux événements culturels pour les adhérents.

La stratégie reste la même 

Katharine Viner admettait lundi 25 janvier que le Guardian cherchait toujours son modèle économique : « Dans les trois années qui viennent, la multiplication et l’approfondissement des relations avec nos lecteurs nous permettront de réinventer notre façon de faire du journalisme, de trouver un modèle économique durable et une organisation nouvelle qui mettra le numérique au centre et reflétera notre indépendance et notre mission. » Mais aucun changement de cap n’a été annoncé.

Selon la direction, la priorité reste l’accès à l’information pour le plus grand nombre. Aujourd’hui, l’audience du site internet dépasse les 130 millions de visiteurs uniques par mois dans le monde. Ce qui place ce site au deuxième rang mondial des médias d’information en anglais. Hors de questions, donc, de remettre en question la gratuité du site ou d’instaurer un paywall.

Le modèle du gratuit sur le numérique et du financement par la publicité va donc subsister. Mais avec des recettes publicitaires qui diminuent, notamment à cause des bloqueurs de contenus, il devient difficile d’atteindre l’équilibre. L’une des alternatives envisagées par David Pemsel est de développer le système de parrainage payant, qui existe déjà. Le principe est de réserver certains contenus aux membres, c’est-à-dire aux lecteurs qui s’acquittent d’une adhésion mensuelle pour soutenir l’indépendance éditoriale et participer à des événements organisés par le quotidien.

« Il est très facile de regarder en arrière et d’affirmer que le Guardian a commis des erreurs. Mais quand vous demandez si les axes stratégiques que sont l’adhésion payante des lecteurs, les bureaux à l’étranger et le développement des capacités dans le numérique étaient justes, la réponse est résolument “oui”. », affirmait lundi 25 janvier le patron du groupe de presse. La direction est visiblement sûre de son coup.

 

 

 

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