Journalistes, lanceurs d’alerte : des sources enfin protégées ?

Journalistes, lanceurs d’alerte : des sources enfin protégées ?

Image Claude Truong-Ngoc / Wikimedia Commons https://commons.wikimedia.org/wiki/File:CEDH_affaire_Vincent_Lambert_Strasbourg_5_juin_2015-2.jpg
Image CC Claude Truong-Ngoc.


Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) ont déposé le 26 janvier dernier une requête devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour contester la loi « Renseignement » du 24 juillet 2015, selon Metronews. D’après ces associations, elle nuirait à la profession. Le débat sur la protection des sources semble donc être relancé, après que les lanceurs d’alertes ont fait l’actualité en France à la fin du siècle dernier.

Edward Snowden, Julian Assange, Bradley Manning… Ces noms, vous les connaissez probablement. Ils font partie de ce qu’on appelle les lanceurs d’alerte. Ces derniers ont révélé des scandales qui ont occupé longtemps les médias. Mais ces dénonciateurs ne sont pas en sécurité. Comment les protéger ? Comment les journalistes peuvent-ils s’appuyer dessus alors qu’eux-mêmes sont surveillés en permanence ? À l’heure actuelle, avec nos instruments de communication modernes, l’Homme peut être surveillé partout, et surtout sur le web. Le journaliste est-il donc empêché de faire son travail ? Cette requête va-t-elle enfin conforter les futurs lanceurs d’alerte ?

État d’urgence, loi sur le renseignement, WikiLeaks… Les lanceurs d’alerte sont de plus en plus menacés. Pourtant, ils sont très précieux pour les journalistes, qui luttent pour préserver leur droit fondamental : celui de la protection des sources. Les lanceurs d’alerte espèrent désormais être défendus dans un texte européen – au sujet des secrets des affaires – appartenant à la loi « Renseignement » du 24 juillet 2015. Leur volonté : obtenir une protection juridique renforcée. Ainsi, la SNJ et la FIJ pointent du doigt de « nombreuses dispositions qui portent frontalement atteinte aux libertés journalistiques et particulièrement au droit pour les journalistes de protéger leurs sources d’informations », selon Metronews.

Témoignage de Stéphanie Gibaud, La femme qui en savait vraiment trop, pour Euronews.

« Des atteintes aux libertés journalistiques »

Par ailleurs, William Bourdon, avocat au barreau de Paris, s’était montré favorable à une protection des sources journalistiques dans un entretien accordé au « Monde » en novembre 2015 :

« Au fond, la notion de secret des sources contribue à faire du journaliste un lanceur d’alerte institutionnel. En tant que quatrième pouvoir, on attend qu’il révèle les informations susceptibles d’obliger les puissants et les responsables à rendre compte de leurs vilenies et de leurs turpitudes. Le gouvernement doit renforcer la protection du secret des sources, secret des sources dans lequel vient d’ailleurs parfois se blottir le lanceur d’alerte désobéissant. La difficulté étant que le journaliste ne peut créditer ce qu’il écrit que s’il justifie d’une enquête sérieuse, souvent incompatible avec l’anonymat total des sources sur lesquelles elle s’appuie. Donc il peut y avoir une contradiction entre cette protection qu’apporte le secret des sources aux lanceurs d’alerte et l’anonymat dont il peut parfois avoir besoin. »

De plus, en décembre dernier, un projet nommé GoLeaks a été lancé sur Kickstarter par deux Nantais afin d’obtenir un crowdfunding (financement participatif). Leur objectif : récolter 5 400 € pour permettre aux lanceurs d’alerte du Grand Ouest de fournir facilement leurs informations aux journalistes. Actuellement, le compteur indique qu’il manque encore 2 100 €. La fin de la collecte est fixée au 16 février prochain.

https://www.youtube.com/watch?v=KlRATC8rskU

Dans la présentation de ce projet régional, on peut y lire : « l’information a besoin d’être protégée : pour respecter la déontologie des journalistes, la vie privée des sources qui révèlent au grand public des informations sensibles, et tout simplement pour que les citoyens puissent agir en connaissance de cause sur les plateformes numériques. »

De son côté, et à une échelle beaucoup plus grande, le site Source sûre semble être le modèle à suivre. En effet, cette plateforme a déjà fait ses preuves et permet aux lanceurs d’alerte d’expédier anonymement des informations et des documents privés aux médias en offrant ainsi une nouvelle alternative à la profession.

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