La Colombie rejoint la lutte contre les fake news

La Colombie rejoint la lutte contre les fake news

Des Américains brandissent une banderole où est inscrit « fausses informations ? Fausse économie ? » dans une marche contre l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017. Image CC Fibonacci Blue.

Après les élections américaines, l’un des défis lancés par les journalistes du monde entier pour 2017, est de renouer un lien de confiance entre la profession et son public. 

Une fois n’est pas coutume, la presse colombienne accueille une bonne nouvelle. Pas de meurtres, pas d’agressions : la Fondation Gabriel García Márquez pour le nouveau journalisme ibéroaméricain (FNPI) a annoncé le 3 avril dernier sa participation à l’Initiative pour l’intégrité de l’information. C’est le seul membre latino-américain de ce projet international coordonné par l’École de journalisme de l’université de la ville de New York (CUNY). Facebook est l’une des principales entités à l’origine de cette idée. Le but ? Former le regard critique du citoyen vis-à-vis de l’information qu’il lit.

Une participation loin d’être anodine

Les médias colombiens ne sont pas épargnés par la crise de confiance. « Ce sont tous des corrompus », ou encore « je ne lis pas les journaux, encore moins s’ils sont basés à Bogota », peut-on entendre quand on questionne quelqu’un au sujet de sa consommation d’information. La présence de familles politiques dans les conseils éditoriaux, la corruption et les traces de plus de cinquante ans de conflit avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont provoqué un climat de méfiance entre la population et le milieu journalistique. Le directeur de la FNPI, Jaime Abello Banfi, a affirmé que « faire partie de l’Initiative va de pair avec la ligne directrice, l’expérience accumulée et le potentiel d’impact du programme d’Éthique et de durabilité des médias que développe la FNPI ». En effet, en 2012, la fondation a mis a disposition des outils pour répondre aux questions d’éthique des professionnels de l’information et ouvrir le débat.

Un point d’ancrage régional

Banfi souligne que le projet « ouvre des opportunités de collaboration et de synergie pour développer de nouveaux projets avec des alliés de la FNPI dans différents pays latino-américains ». L’institution, grâce à ses partenaires au Mexique, au Chili ou encore avec des groupes régionaux, pourrait donc être le moteur d’une action conjointe au niveau continental. Son voisin, l’Équateur, vient d’ailleurs de subir les conséquences des fake news avec la propagation d’une « campagne sale » à l’encontre des deux candidats à la présidentielle du 2 avril dernier, Lenín Moreno et Guillermo Lasso. Des annonces dénigrantes ont été diffusées sur les bus, via des tracts ou des réseaux sociaux. Les moyens déployés pour convaincre l’électorat des actions illégales des deux étaient particulièrement notoires.

Prise de conscience du lecteur

« Nous souhaitons fournir aux gens, les outils nécessaires pour être en mesure d’analyser l’information qu’ils voient sur internet » a expliqué Campbell Brown, directrice des partenariats d’information de Facebook. Les dix-sept membres du groupe parient sur un regain de confiance en impliquant le lecteur dans le processus de détection de fausses informations. Ils organiseront des ateliers et des conférences dans le monde entier, dont la France, la Colombie ou encore les États-Unis. En plus de ces évènements, le projet encourage la recherche et l’apport de connaissances. Le but est de former le regard critique des lecteurs, qui bien souvent n’ont pas le réflexe de vérifier une information.

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