Julien Ferrat: « Un journaliste à l’étranger est presque forcément free-lance »

Julien Ferrat: « Un journaliste à l’étranger est presque forcément free-lance »

Julien Ferrat

 Journaliste free-lance est-il notre futur métier ? Face une crise de la presse qui ne fait que s’intensifier beaucoup de journalistes diplômés choisissent, ou sont forcés, de travailler à leur compte. Libre dans ses choix, dans ses horaires, dans ses sujets, le free-lance évolue en électron libre. Julien Ferrat, Journaliste Reporter d’Image (JRI) à Buenos Aires en fait parti. 

Pourquoi avoir choisi d’être free-lance? 

Julien Ferrat: Par la force des choses je dirai. A la sortie de mon école, être free-lance me faisait peur mais je ne trouvais pas de travail qui me satisfaisait, j’ai donc décidé de partir à l’étranger. Lorsque l’on est plus en France, on devient presque forcément free-lance, sauf dans les capitales comme Londres, New-York ou Washington, où l’on peut peut-être espérer être salarié d’un média. Cela s’explique par le fait que les actualités de ces capitales sont les plus diffusées. En France, les JRI qui travaillent pour des magazines sont pour 80% d’entre eux des free-lances. L’avantage est qu’on travail beaucoup plus, du coup on est en général mieux payé que les salariés; toutefois on ne possèdent pas de protections, ni d’assurances salariales.

En tant que free-lance êtes-vous amené à travailler avec d’autres journalistes? 

JF: En tant que JRI, il faut souvent travailler en équipe. Personnellement j’effectue mes reportages avec deux personnes. D’abord il faut un fixeur, il va être notre source d’information avant d’aller sur le terrain. On le contact pour qu’il comprenne bien ce que l’on recherche sur le terrain, afin d’éviter les imprévus une fois sur place. C’est une personne que les reporters se recommandent entre eux suivant les pays. Il doit avoir une parfaite connaissance de son pays ou de sa ville, je l’ai fait en Argentine par exemple pour la presse étrangère. On lui pose quelques questions à propos de notre sujet et de ce qu’il en sait. En général ce sont des français et des gens locaux, ou de temps en temps un traducteur. C’est essentiel pour notre travail d’avoir un bon fixeur. La deuxième personne est un autre JRI.

Comment avez-vous fait pour vous faire connaître? 

JF: Pour ma part, j’ai dû faire jouer mes relations et être en contact régulier avec des boîtes de production comme « CAPA », « Ligne de Front » ou encore « Elephant ». J’effectue ces rencontres durant les grands vacances en France, ce qui est plutôt bien vu que en Argentine cela tombe en hiver. C’est à ce moment là que l’on lance nos idées de projet avec nos contacts dans les magazines et les boîtes de production. Il faut faire fonctionner son relationnel et les relancer pour qu’ils se souviennent de nous. Mais pour que cela marche il faut y mettre beaucoup d’énergie et aussi avoir beaucoup de chance.

Pour les sujets, comment cela se passe-t-il? C’est vous qui les choisissez? 

JF: Je choisis les sujets et en général le rédacteur en chef le valide en amont. Cependant, si il est vraiment intéressé il arrive qu’il me propose lui-même l’angle du sujet. Mais à partir du moment où c’est validé, je suis libre pour commencer à travailler.

Pourquoi avoir fait le choix de l’Argentine? 

JF: C’était plutôt un choix personnel. Après avoir pas mal voyagé, j’ai choisi de rester en Argentine. Et puis cela m’a permis de me développer plus facilement, car à l’étranger on a plus de chance de percer au début vu que il y a déjà moins de free-lance que sur Paris. Du coup, aujourd’hui je travaille avec France 24, dont je suis le correspondant officiel à Buenos Aires, mais également avec RTS en Suisse, TV5 et parfois TF1.

Après presque 10 ans dans le métier, quel bilan pouvez-vous faire en tant que free-lance? 

JF: Globalement c’est un bilan positif, car j’ai toujours envie de faire ce métier. Il faut s’accrocher pour réussir en tant que JRI car il y aujourd’hui beaucoup plus de journalistes diplômés que de postes à pourvoir. Mais je pense surtout que si je n’aimais pas autant ce métier j’aurais déjà changé.

Inès JOSEPH

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