« Quand nous pensons un article il faut surtout penser à la visibilité qu’il va avoir sur internet »

« Quand nous pensons un article il faut surtout penser à la visibilité qu’il va avoir sur internet »

Marie De Gouvello est Country Manager pour l’édition du Petit Journal Auckland. En 2016, elle reprend avec son collègue, Nicolas Roger, le média initialement lancé en 2012 mais très vite abandonné. Aujourd’hui, elle nous raconte comment ils ont réussi à développer l’édition en Nouvelle-Zélande, devenu une référence pour tous les francophones du pays.

Vous avez repris l’édition du Petit Journal Auckland il y a deux ans, pourquoi vous être lancée dans cette aventure ?

Le Petit Journal était une belle opportunité pour nous de développer un projet entrepreneurial à l’étranger. C’est vrai que l’édition existait déjà techniquement, mais le site était à l’abandon, ou presque, depuis plusieurs années et comptait à peine quelques centaines de vues par mois (il en compte aujourd’hui plus de 15 000). La page Facebook rassemblait une centaine de fans (près de 4 000 aujourd’hui), et les entreprises locales avaient complètement oublié l’existence du Petit Journal. On peut dire qu’on est partis de zéro !  Dans le monde professionnel en général, je pense qu’un pays comme la Nouvelle-Zélande, qui est en plein essor, offre des opportunités de développement qu’il n’y a plus en France. Puis, la concurrence est ici très faible, en particulier pour les médias français. Nous sommes considérés comme le média principal des français à l’étranger ce qui nous permet de faire de belles interviews.

La communauté française ici ne cesse de s’agrandir, il nous semblait donc essentiel qu’elle ait un média francophone auquel se référer. On a donc saisi l’opportunité du Petit Journal, qui fonctionne comme un système de franchises et bénéficie ainsi du soutien d’une grosse structure mère à Paris. Cela nous permettait de développer notre projet et rester maîtres de notre ligne éditoriale tout en évitant les coûts de création et maintenance de la plateforme internet, ce qui est un sacré avantage!  Par ailleurs Nicolas avait une expérience de cinq ans en agence de pub’ et je moi je sortais d’un CDI de quatre ans en stratégie digitale donc le projet était cohérent avec nos profils et notre plan de carrière.

Comment vous y êtes-vous prise pour séduire les lecteurs français présents en Nouvelle-Zélande ?

On a surfé sur la vague de tendance de la Nouvelle-Zélande. Ces deux dernières années la communauté française a presque doublé, en grande partie grâce au PVT, plus accessible que le Canada et moins cher que l’Australie. De nombreux restaurants et initiatives français ont émergé dans un pays qui s’intéresse énormément à notre gastronomie et notre culture. Mais il n’y avait aucun média pour aller à la rencontre de ces voyageurs et parler de ces entreprises. Notre objectif est de diffuser de l’information mais aussi de mettre en avant la communauté française. Notre atout principal est que nous étions les premiers à faire ça auprès des français de Nouvelle-Zélande, et nous avons donc été accueillis à bras ouverts! On est là pour faire rayonner les projets des autres  donc forcément on a reçu un bel accueil et on a été beaucoup aidés dans le développement de notre édition.

Quels sont les éléments essentiels au développement d’un média en ligne comme le vôtre ?

Je pense qu’un média (et particulièrement un média en ligne) ne peut pas vivre sans les réseaux sociaux ! Ou du moins sa visibilité est quasiment inexistante s’il ne met pas en place une stratégie digitale solide. Pour nous, le support le plus efficace sur Facebook, Instagram ou même Twitter est la vidéo, mais ça a été un vrai challenge pour nous car cela implique des compétences techniques que nous n’avions pas au départ… Après, nous avons su nous entourer d’une équipe efficace sur ce point-là aussi !

Aujourd’hui ,quand nous pensons un article, il faut surtout penser à la visibilité qu’il va avoir sur internet, qu’il s’agisse de son référencement ou de sa diffusion sur les médias sociaux. En ce qui concerne le référencement, l’article doit reprendre une série de mots-clefs explicitement liés au sujet principal pour que le lien remonte bien sur les plateformes de recherche, de type Google. L’auteur doit également faire attention à insérer des liens vers des sites officiels, et qui sont donc reconnus de ces mêmes plateformes de recherche. Ce sont toutes des petites techniques qui font la différence.

L’ensemble doit être attrayant et esthétique pour les réseaux sociaux. Le titre est d’une importance capitale bien sûr mais la photo est quasiment aussi importante que le contenu de l’article, car personne ne cliquera sur votre lien si votre visuel principal n’est pas vendeur.

Quels sont, selon vous, les principaux atouts de votre média ?

Nous avons fait le pari d’être un journal communautaire et donner la possibilité aux français de s’exprimer sur notre édition. Nous avons donc près d’une vingtaine de collaborateurs différents qui écrivent des articles pour le site. Cela permet de ne pas avoir une seule voix, et donc un seul point de vue, et ainsi de toucher un maximum de personnes aux idées très différentes.

D’autre part, on met beaucoup de soin dans le choix de nos sujets, qu’il s’agisse des dossiers de société ou des faits d’actualité. Les médias néo-zélandais traitent l’actualité de façon très superficielle, ils s’affolent au moindre orage ou vol à l’étalage car, avouons-le, il ne se passe pas grand-chose dans un si petit pays. On sélectionne les informations que nous jugeons importantes et le reste du temps nous concentrons nos efforts dans l’écriture de dossiers très complets sur la culture maorie, les problèmes sociétaux  ou les informations pratiques pour les expat’.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *