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Entre la France et l’Afrique la relation est asymétrique

L’association Survie publie ce mardi 13 janvier : Que reste-t-il des intérêts économiques de la France en Afrique ? Ce rapport analyse les intérêts économiques actuels et l’évolution des relations économiques entre la France et les pays d’Afrique. Il met le doigt sur les liens asymétriques et persistants de la France avec son ex empire colonial.

“Les intérêts économiques de la France résistent encore en Afrique dans son ancien empire colonial” note l’association Survie dans son rapport Que reste-t-il des intérêts économiques de la France en Afrique ? publié ce mardi 13 janvier. A travers ce travail d’analyse statistique, l’association qui lutte contre le maintien par les Etats occidentaux de dominations politiques ou économiques , à enquêté sur l’emprise économique de l’Hexagone sur le continent. Malgré un net recul du poids économique de la France, le rapport révèle une persistance des intérêts économiques français dans ses anciennes colonies. Il évoque également l’asymétrie des relations économiques avec ces pays comme le Sénégal ou le Gabon. 

Le délitement des relations économiques

Ce rapport montre une chute “incontestable” des intérêts économiques français. Elle s’explique par la perte de son poids commercial en Afrique Subsaharienne, où sa part de marché est passée de 15% à 3% des années 1970 à 2025 :  “L’Afrique subsaharienne et la France sont devenues, l’un pour l’autre, des partenaires commerciaux de second rang.”

La désindustrialisation de l’Hexagone est la raison essentielle qui à de facto réduit les importations de matières premières africaines comme les exportations des produits transformés vers le continent Africain, avant l’arrivée de la concurrence chinoise dans les années 2000. Pour autant le “fantôme de l’Empire colonial” plane toujours : les intérêts économiques français tiennent bon dans ces anciennes colonies.

Le “fantôme de l’Empire colonial” 

Ces intérêts économiques français persistent dans les pays de son ex-empire colonial. “Les parts de marché françaises s’y maintiennent autour de 10 à 12 %, soit six fois plus que dans le reste de l’Afrique.” Le rapport révèle aussi que les multinationales l’hexagone présentes en sur le continent africain réalisent 60% de leur chiffre d’affaires dans son ex-empire colonial.

Le poids lourd des filiales françaises en Afrique

Le maintien de la relation économique passe désormais en grande partie par le grand nombre de filiales de sociétés françaises : 2 421 (dernier recensement Eurostat, 2021). L’association Survie met le doigt sur la persistance des intérêts français qui passe aujourd’hui par ces entreprises nées dans les années 1990’s, tournés vers la logistique, l’agroalimentaire ou la téléphonie. Ces entreprises comme Orange ou Canal Plus contribuent au rapport asymétrique dans les relations économiques avec la France, qui en sort gagnante face aux pays africains. Ces filiales gardent la main, contrôlant ainsi des secteurs clés du quotidien et perpétuant une certaine dépendance de ces pays du sud envers l’hexagone.

Le chiffre d’affaires de ces filiales françaises est lourd pour les anciennes colonies. Il représente par exemple jusqu’à 16% du PIB du Sénégal, idem pour le Gabon et elles génèrent “en moyenne 41 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an, soit près de 4 fois le montant des exportations françaises vers la région” présente le rapport


A travers ce rapport, l’association Survie met en perspective les relations économiques entre la France et l’Afrique sur la durée. La publication de ce rapport fait un drôle d’écho aux volontés annoncées par Emmanuel Macron lors de son discours aux ambassadeurs de France le 8 janvier dernier où il à présenté son plan de politique étrangère pour 2026. Le président y a déclaré souhaiter “amener des groupes français de plus en plus nombreux en Afrique” avec dans le même temps la volonté de “rééquilibrer” les relations asymétriques mises en avant par ce rapport.

N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.