Annoncé en mai dernier par le maire de Lyon Grégory Doucet, le projet de piscine dans la darse de Confluence sera soumis au vote du conseil municipal le 22 janvier. Pensé comme une réponse aux fortes chaleurs et au manque de piscines, il suscite de l’enthousiasme auprès des Lyonnais.
Se baigner à Lyon en plein été dans la Saône, en voilà une idée impensable depuis des décennies qui pourrait bien devenir réalité pour l’été 2027. La Ville de Lyon prévoit d’aménager un site de baignade dans la darse de Confluence, au sud de la presqu’île, dans toute la zone située avant le pont pour la voie ferrée.
Le projet, porté par la municipalité écologiste, prévoit trois bassins répartis sur près de 1 500 m². Deux seront de forme classique, carrés, destinés à un usage récréatif, accessibles au grand public avec un fond. Le troisième bassin accueillera la nage sportive, en longueur, sans infrastructure au sol. L’objectif affiché est double : offrir un îlot de fraîcheur face aux canicules de plus en plus fréquentes et pallier le manque de piscines municipales dans la métropole.
Le site prévoit d’accueillir entre 500 et 800 personnes par jour, à des tarifs similaires à ceux des piscines lyonnaises.
Une baignade urbaine qui intrigue
Sur les visuels dévoilés par la Ville, la darse change de visage. Les quais s’ouvrent sur de larges pontons en bois, bordés de zones de repos et de cheminements piétons. Autour des bassins, on s’imagine déjà serviettes posées au soleil ou sur un transat, pendant que d’autres s’amusent dans l’eau. Une ambiance d’été au bord de l’eau originale, entre immeubles et centre commercial.

Une image qui parle à certains habitants. Noah, 33 ans, évoque des chaleurs de plus en plus étouffantes à Lyon et des piscines souvent pleines. « Si ça peut désengorger un peu et permettre de se rafraîchir dehors alors pourquoi pas », dit-il avec le sourire. Pour Damien, 56 ans, le débat ne devrait même pas exister sur ce projet. « On se baigne dans les fleuves ailleurs, ça se passe très bien. À force de ne rien faire, on n’avance pas. »
Si la plupart sont enthousiastes, certains restent plus prudents. Anaëlle, 26 ans, regarde surtout les conditions d’accès. « Si c’est trop cher ou trop bondé, ça ne changera pas grand-chose ». Un doute partagé par son collègue Noah, 25 ans, qui attend de voir la gestion concrète du site. Il cite des projets annoncés avec ambition à Lyon mais parfois peu accessibles ou sans grand intérêt comme les « ombrières à Bellecour ».
La pollution comme principale priorité et inquiétude
D’autres habitants expriment une méfiance plus nette. Gisèle, 53 ans, doute de la possibilité même de se baigner dans un fleuve en ville. « Lyon c’est pollué avec des rats, des gens qui font n’importe quoi, qui peuvent très bien venir uriner dedans » explique-t-elle, agacée. Comme pour beaucoup, l’exemple de la Seine à Paris ne rassure pas. Ce parallèle revient régulièrement dans les échanges, surtout chez ceux qui associent la Saône à un espace industriel et peu propice à la baignade.
La municipalité répond en plaçant la qualité de l’eau au centre du projet. Julie Nublat-Faure, adjointe au maire de Lyon en charge des sports et des grands événements sportifs, insiste sur les garanties prévues : « Le point central de ce projet c’est la qualité de l’eau. Les analyses seront toujours en cours. S’il y a le moindre doute, suite à un orage et bien elle sera fermée comme dans une vraie piscine. »
Un projet pilote pour la métropole
Avant son ouverture, la Ville prévoit une concertation avec les riverains, les commerçants et les usagers de la Saône. Ces discussions visent à ajuster la mise en place du projet et de répondre aux réticences.
Présentée comme une première à Lyon, cette baignade urbaine pourrait servir de test à l’échelle métropolitaine. 21 sites potentiels sont déjà évoqués, comme les guinguettes à Rochetaillée-sur-Saône, les abords du parc de Gerland ou encore l’Île Barbe, dans le 9e arrondissement. Ces installations sont néanmoins soumises à un niveau de contraintes allant de moyen à très fort, rendant plus ou moins facile la création d’une zone de baignade.
Defrance Axel
N-B, cet article a été rédigé dans le cadre d’un cours
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