La chaîne TFO perturbée, la communauté francophone à la rescousse

La chaîne TFO perturbée, la communauté francophone à la rescousse

Une nouvelle secousse dans le climat médiatique canadien. Pour la troisième fois en deux ans, le groupe média TFO cherche à éliminer 37 postes à l’intérieur de ses services les plus connus dont #ONfr qui avait su faire sa place dans la communauté torontoise.

Par son traitement et sa vulgarisation de la politique, la chaîne avait pourtant réussi son pari de faciliter l’accessibilité de la politique. Pourtant les compressions budgétaires sont bel et bien là malgré la tornade que cela a créé au-delà du territoire ontarien.

Les postes les plus récents ont donc été remerciés, à l’instar de Didier Pilon ou Rozenn Nicolle. Mais leurs collègues, ainsi que les membres de la communauté, ne comptent pas s’arrêter là.

La défense d’un média porte-parole

13 universitaires dans tout le Canada ont donné de leurs voix contre ces licenciements alors même qu’ils félicitent « le travail qu’effectue l’équipe d’#ONfr » jugé « irremplaçable ». Une intégrité et une qualité applaudies dont les médias se sont fait le relais.

« En tant que porte-paroles communautaires, #ONfr a permis à plus d’une reprise que nos revendications soient entendues sur la place publique. La portée de nos messages a été décuplée par le fait qu’un média important soit à l’écoute et prenne nos démarches au sérieux » peut-on d’ailleurs lire.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a elle aussi fait valoir ses droits en dénonçant ces suppressions de postes, surtout celles des journalistes du parlement ontarien, Queen’s Park.

« En supprimant le poste à Queen’s Park, la population aura un accès plus limité à la politique provinciale. Les gens ont droit à une information diversifiée qui provient de médias diversifiés » a soutenu son président Carol Jolin.

Certains membres de la communauté franco-canadienne demandent même la démission de Glenn O’Farrell, le président de TFO épinglé pour ses honoraires se chiffrant à 332 000 $. Une hausse significative de 35 % par rapport à l’an passé.

Des finances dans le rouge

Pourtant, la direction parle d’uniquement 19 postes, dont onze permanents et huit contractuels. Loin de la réalité, le groupe média TFO banalise le problème en montrant que certains licenciements sont uniquement des « réaffectations ».

Mais les compressions économiques sont bien présentes. Dans une rencontre avec les employés de la chaîne ce jeudi 14 juin, Laurent Guérin le vice-président du contenu et du numérique a estimé que « Les deux franchises #ONfr et 24.7 vont continuer d’exister. Il reste qu’il est difficile de prévoir en général pour les mois et années à venir. Personne ne peut nous dire quelles sont les intentions des gouvernements successifs ».

Un marché en constante mutation démontréLaurent Guérin qui pourtant n’est pas entendu de la même oreille par la Guilde canadienne des médias. Ce syndicat, dont certains employés TFO sont membres, a publié un communiqué la veille sur la mauvaise gestion des finances par la chaîne.

Il est vrai que le gouvernement Ontarien est une des causes des difficultés de la chaîne, aux vues de la très faible part des subventions dédiées aux médias francophones. Mais d’autres facteurs entrent en ligne de compte, comme l’augmentation de la masse salarial. Mais encore une fois, c’est le salaire de Glenn O’Farrell qui pose problème.

Pour cela, la direction a sa réponse : « Il ne s’agit pas d’une augmentation. En fait, c’est un cas inédit, mais on parle d’un remboursement des congés pris par M. O’Farrell depuis des années, ce qui explique cette hausse de 35 %» essaye de rassurer Laurent Guérin.

Aujourd’hui, la direction espère avoir fait réagir le gouvernement provincial sur la faiblesse de ses investissements dans la francophonie. Au-delà de TFO, ce nouveau brouillard médiatique est représentatif de la difficulté pour un média francophone d’exister dans un bassin anglophone sans l’aide des grands groupes médiatiques du pays.

Un problème qui ne risque pas de s’atténuer avec la très récente élection du Premier Ministre Doug Ford à la tête de la province ontarienne. Un candidat qui pendant la campagne électorale n’a jamais porté les problématiques francophones dans son coeur…

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