Maëva Martel au micro de la RCF. ©Photo de Maëva Martel

Maëva Martel jongle entre presse écrite et podcast radio. ©Photo de Maëva Martel

Maëva Martel : réinventer la presse régionale

Récemment diplômée, Maëva Martel veut réinventer une presse régionale de proximité plus proche encore des enjeux sociaux. Une mission pas toujours évidente pour la jeune journaliste qui, pour vivre de sa passion, enchaîne des petits CDD.

8h30, installée à son bureau, tasse de café en main : Maëva Martel, lève-tôt, est prête pour entamer sa nouvelle journée de travail. Depuis quelques semaines, cette routine bien matinale rythme le quotidien de cette journaliste, diplômée en 2025.

Née dans un milieu rural d’une mère employée ouvrière et d’un père facteur, Maëva se passionne très tôt pour le journalisme : « Je lisais régulièrement La Voix du Nord à la maison», souligne-t-elle. Empathique et très curieuse, elle a «depuis toujours voulu être très au courant. » D’autant plus en campagne, où la presse régionale sert de lien avec le reste du monde : «On achète le journal pour parler à quelqu’un d’autre.»

Forte de ses choix, Maëva incarne déjà plusieurs sujets de prédilection. Artisanat, enjeux ruraux, question migratoire : la journaliste originaire du Pas-de-Calais explore des thématiques sociales « sur un territoire qui n’est pas forcément ouvert ». Avant tout; ce qui compte pour elle, c’est l’humain : lui donner la parole et l’écouter. « Ma patte, c’est le témoignage en particulier autour de la santé et l’inclusion. » Lorsqu’elle a accompagné Tanguy, un jeune homme de 27 ans, dans son parcours d’aide à mourir jusqu’en Belgique, ce jour l’a bouleversé. « C’est très rare les jours qui passent sans que j’ai une petite pensée pour lui », confie-t-elle le regard penseur. 

Mais ses ambitions ne s’arrêtent pas à la presse écrite. Friande du format radiophonique, Maëva va bientôt se lancer dans l’aventure du podcast autour des communautés LGBTQIA+ dans les campagnes. Consciente que ces questions sont encore tabous dans les milieux ruraux, la Preuroise de 23 ans a eu l’idée suite au coming out d’un ancien proche. « Je pense que les gens peuvent mieux comprendre en identifiant quelqu’un de leur commune qui vit ce combat plutôt qu’en regardant France TV ». Faire germer un petit questionnement serait sa première réussite.

L’endométriose en milieu rural : la journaliste se passionne des témoignages sur la santé et l’inclusion.

Un métier-passion « pas toujours évident »

Bien que Maëva soit une férue de terrain, « au vu de mes petits contrats ce n’est pas toujours évident », regrette-t-elle. Le métier de journaliste a ses désillusions. Elle enchaîne des CDD d’une à deux semaines pour plusieurs rédactions de La Voix du Nord. Rendez-vous bouclé avant le début d’après-midi, elle saute dans sa fidèle Citroën Pétunia pour sillonner les routes de Dunkerque. Ce ne sont pas les 400 kilomètres par semaine qui empêcheront Maëva de livrer ses papiers le soir-même. 

Lorsqu’elle ne travaille pas, la jeune femme ressent un manque. Comme 45 % des français, Maëva exerce un métier-passion, le journalisme occupe constamment ses pensées. Elle est consciente que sa vie professionnelle impacte «tout à fait le perso ». « Je fais moins de sport, mon entourage je le vois au compte goutte quand j’ai le temps ». Elle assure néanmoins qu’en cas d’événement grave, elle « saura faire la bascule ».

Par Nour Kheloufi et Méline Vert

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.