Dimanche 14 décembre 2025, deux hommes, Sajid et Naveed Akram, père et fils, ont fait 15 morts et 42 blessés en Australie. Cet attentat à caractère antisémite s’est déroulé près de la plage australienne de Bondi, à Sydney.
La plage de Bondi à Sydney accueillait la fête juive de Hanouka, ce dimanche lorsque 40 coups de feu ont détonné. Derrière cette fusillade antisémite, deux hommes Sajid et Naveed Akram, âgés respectivement de 50 et 24 ans ont tués 15 personnes dont une majorité d’origine juive. Alors que les policiers déjouent une bombe artisanale installée dans leur voiture, ils découvrent deux drapeaux au symbole de l’État islamique (EI).
Ils avaient raconté à leur proches qu’ils allaient pêcher
Sajid Akram, le père, tué par les policiers durant l’attaque, résidait en Australie depuis 1998. Arrivé du Pakistan il avait bénéficié d’un visa de « partenaire de citoyen australien » en 2001. Son fils, Naveed Akram, a émergé du coma aujourd’hui et est interrogé par les autorités sur ses liens avec l’EI et son voyage aux Philippines. Sajid Akram et son fils avaient raconté à leur proches qu’ils allaient pêcher dans une ville côtière. Verena, la mère de Naveed Akram décrit un jeune homme sans problème : « Il n’a pas d’arme à feu. Il ne sort même pas. Il ne fréquente pas d’amis. Il ne boit pas, ne fume pas, ne va pas dans de mauvais endroits » raconte-t-elle à The Sydney Morning Herald.
Sajid Akram dans les radars de l’ASIO en 2019
Contrairement à son père, Sajid Akram était connu de l’Organisation australienne du renseignement de sécurité (ASIO). En 2019, il était sous surveillance pour ses étroites relations avec Isaac El-Matari incarcéré durant 7 ans après s’être revendiqué « commandant australien de l’organisation État islamique et pour avoir fomenté des attentats terroristes. » d’après Le Monde. Sajid Akram suivait également les discours d’un prédicateur musulman sydnéen, Wisam Haddad. Ce dernier était jugé en juillet devant la Cour fédérale australienne pour discrimination raciale et antisémite. Wisam Haddad nie toute implication dans l’attentat de Bondi Beach d’après la BBC News.
« Le père avait accès à des armes sans jamais tenter de commettre une attaque »
Sajid Akram possédait un permis de port d’armes selon John Coyne, directeur de l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) : « le père avait accès à des armes sans jamais tenter de commettre une attaque ». Il avait en tout six armes à feu.
Un séjour aux Philippines
Père et fils auraient passé le mois de novembre aux Philippines. Plus précisément sur l’île de Mindanao, fief de plusieurs groupes islamistes dont certains seraient issus de la branche locale de l’État islamique. Là-bas, ils auraient suivi « un entrainement militaire » d’après un haut responsable de la lutte contre le terrorisme interrogé par l’ABC News (source anonyme).
Vers un durcissement du permis de port d’armes
L’Australie n’avait pas connu un drame d’une telle ampleur depuis 30 ans, durant le massacre de Port-Arthur, qui avait fait 35 morts et 24 blessés. « Si nous devons renforcer cette législation, si nous pouvons faire quoi que ce soit, je suis tout à fait disposé à le faire et j’espère obtenir l’approbation du Conseil national cet après-midi » a déclaré ce lundi, le premier ministre australien Anthony Albanese, durant une conférence de presse. Parmi ses propositions : des permis qui ne seraient plus permanents mais provisoires et la « condition» de citoyenneté australienne nécessaire à l’obtention d’un permis. Les propositions seront examinées par les forces de l’ordre et les procureurs généraux de chaque territoire australien.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.
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