Les violences sexuelles, une arme de guerre dans l’est de la République démocratique du Congo : c’est la conclusion du rapport publié ce lundi 12 janvier 2026 par Human Rights Watch. L’ONG a établi des cas de violences dans des provinces du pays en conflit et alerte sur le manque de financements.
L’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) connait une escalade de violences sexuelles liées aux conflits dans le pays. Dans son rapport publié ce lundi 12 janvier 2026, l’ONG Human Rights Watch alerte sur la nécessité de soutenir les survivantes suite aux réductions de l’aide financière par les États-Unis. En toile de fond : un chiffre terrifiant du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). 80 000 cas de viols enregistrés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, entre janvier et septembre 2025, selon la structure onusienne. Soit une augmentation de plus de 30% par rapport à 2024.
Ces données statistiques ont permis à l’Organisation Non Gouvernementale de mener des entretiens avec des victimes, des autorités provinciales de la santé et de la justice, des organisations nationales et internationales qui fournissent une assistance aux survivants. Ils ont donc collecté des témoignages de violences perpétrées par des soldats des forces armées congolaises, des milices wazalendo, des membres du groupe politico-militaire AFC/M23, du groupe terroriste ADF et d’autres combattants dont l’affiliation à un groupe n’a pu être établie de façon formelle. Des exactions commises dans des contextes multiples. Qu’il s’agisse d’attaques ethniques lors de la prise de villages, de l’asservissement sexuel de personnes enlevées ou de viols perpétrés au quotidien, dans les champs comme sur les routes, ces actes « témoignent d’une violence généralisée contre les femmes et les filles », indique le rapport.
La forte baisse de la prise en charge des victimes
Human Rights Watch n’est pas la seule organisation à tirer la sonnette d’alarme. En 2023, l’UNICEF réclamait un renforcement massif des moyens financiers et des interventions sur le terrain pour faire face à cette crise humanitaire dans l’Est de la RDC. Le groupe de coordination des VBG de la province estimait à 37 % l’augmentation des violences contre les filles et les femmes au Nord-Kivu, entre janvier et mars 2023. Soit 38 000 cas signalés uniquement dans le Nord-Kivu. « Des enfants et des femmes profondément vulnérables, cherchant refuge dans les camps, se retrouvent au contraire confrontés à davantage d’abus et de souffrance », déclarait Grant Leaity, représentant de l’UNICEF en RDC.
Par ailleurs, les coupes budgétaires intervenues début 2025, qui viennent s’ajouter à une aide déjà insuffisante les années précédentes, ont des conséquences immédiates sur la prise en charge des survivantes dans l’est du Congo. Des ONG comme Human Rights Watch observent notamment une pénurie de kits PEP et de traitements pour les personnes vivant avec le VIH, des soins qui n’étaient rendus possibles que grâce au financement de l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID).
Binty Ahmed TOURE relu par Eva MORVANY
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.
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