Une liste de 8 Organisations humanitaires interdites à Gaza, révélée par Radio France, ce mardi 16 décembre. Les autorités Israéliennes restreignent les conditions d’enregistrement des organisations. Pour les associations humanitaires comme MSF la crainte d’être écarté est réelle.
Radio France révèle ce mardi 16 décembre une première liste des organisations d’aides humanitaires interdites ou autorisées par Israël à intervenir dans la bande de Gaza. Le refus de 8 organisations non gouvernementales (ONG) comme Save the Children représentent déjà 10% des associations humanitaires actuellement présentes sur place. Ce mois de décembre, les organisations humanitaires sont en cours d’enregistrement auprès du ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, parmi les motifs de refus annoncés : une prise de position sur le génocide ou encore une suspicion de lien avec le Hamas. Ces premières réponses de l’autorité Israélienne inquiètent d’autres ONG majeures agissant dans l’enclave palestinienne comme Médecins sans frontières (MSF).
Des changements dans le processus d’enregistrement
Le processus d’enregistrement des ONG remanié par le ministère israélien s’accorde avec le plan de paix de Donald Trump et la vision restrictive de l’action humanitaire du président états-unien. Les organisations humanitaires se verraient désormais interdites d’agir si elles sont soupçonnées de lien avec le Hamas, d’antisémitisme ou de prises de paroles “délégitimant l’état d’Israël”. Des motifs vagues mais qui vont avoir un impact concret et délétère pour la population civile gazaouie bénéficiaire de ces aides.
MSF et Oxfam parmi les prochains sur la liste ?
Pour les ONG, la crainte est de se voir refuser pour leurs plaidoyers : des prises de position publique critiquant les conditions d’acheminement de l’aide ou ayant utiliser le terme de génocide. Une pratique pourtant courante de ces organisations pour mettre la lumière sur une situation humanitaire. Des ONG françaises comme MSF ou Oxfam pourraient alors être interdites d’intervenir à Gaza pour avoir dénoncé le génocide. Médecins sans frontière, agit pourtant depuis une vingtaine d’années dans la bande de Gaza et gère aujourd’hui un tiers des lits d’hospitalisation disponible.
De nouveaux profils d’ONG autorisées
Désormais le ministère israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, délivrant les autorisations, semble écarter les ONG importantes travaillant de longue date dans la bande de Gaza au profit de nouveaux acteurs. Les 12 ONG ayant obtenus une autorisation sont essentiellement des ONG étatsuniennes évangéliques comme Samaritan’s Purse délivrant des colis humanitaires mais aussi une ONG française Solidarité internationale qui agit dans la bande de Gaza depuis 2024 et qui, à l’inverse d’autres associations humanitaires, a fourni aux autorités israéliennes la liste partielle de son staff dans l’enclave. Cette procédure d’enregistrement doit prendre fin le 31 décembre prochain.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.
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