Des négociations entre les États-Unis et l’Ukraine ont eu lieu les 14 et 15 décembre à Berlin sur un possible cessez-le-feu russo-ukrainien. Si un projet de sécurité doit être mis en place avec l’aide de certains dirigeants européens, les questions territoriales demeurent en suspens.
Huit heures de discussions étalées sur deux jours se sont achevées lundi 15 décembre, au soir, à Berlin, capitale allemande. Ces pourparlers entre négociateurs américains et ukrainien ont été organisés afin de trouver un compromis sur le plan de paix en Ukraine et établir un cessez-le-feu dans le conflit russo-ukrainien, engagé en 2022. Autour de la table de réunion, des politiques et dirigeants internationaux. Sur les deux belligérants concernés, seul le président ukrainien Volodymyr Zelensky a répondu présent. Les émissaires de la Maison Blanche, Steve Witkoff et Jared Kushner, respectivement envoyé spécial et gendre de Donald Trump, étaient des membres indispensables dans les négociations entre l’Ukraine et les États-Unis. Ces discussions « ont été constructives et productives, avec de réels progrès accomplis. », selon Roustem Oumerov, négociateur ukrainien, sur X, lundi 15 décembre.
Le territoire ukrainien, zone d’incertitude dans les discussions
Parmi les alliés de l’Ukraine, des dissidences résonnent. C’est aux questions territoriales du plan de paix russo-ukrainien proposé par Trump que s’attaquent Zelensky et les dirigeants européens, jugées trop favorables pour Moscou. Un haut responsable informé des débats a révélé lundi 15 décembre à l’AFP que les États-Unis incitent l’Ukraine à se battre en retraite de la région du Donbass. Cette retraite de l’armée ukrainienne signifierait céder le territoire à la Russie. Or, Zelensky estime qu’une concession a déjà été réalisée, en renonçant notamment à adhérer à l’OTAN. Pour le dirigeant, l’enjeu devient dès lors de convenir avec les États-Unis à un accord sur le territoire, et de ce fait, conserver une partie du Donbass. Le chancelier allemand Friedrich Merz a conforté « c’est à l’Ukraine de décider de telles concessions territoriales. » Parmi celles-ci, la création d’une « zone démilitarisée. » Mykhaïlo Podoliak, conseiller du président ukrainien, a partagé au Monde, que cette zone suivrait l’actuelle ligne de front. Cela impliquerait un recul des deux armées, bien que le nombre exact de kilomètres soit inconnu.
Une « force multinationale » pour la sécurité de l’Ukraine
Autre champ de discussion : un projet d’accord sur la sécurité du pays. C’est en huis clos que ce sont réunis Friedrich Merz, Volodymyr Zelensky et une dizaine de responsables européens pour échanger sur le sujet. Les États-Unis garantissent une sécurité juridique et matérielle, sur le modèle de l’article 5 de l’OTAN. Si un des alliés est attaqué militairement, cela est considéré comme une offense contre tous. Dans cette perspective, les dirigeants européens soutiennent envoyer une Ukraine une « force multinationale », soutenue par l’État américain. Que ce soit dans les airs ou dans les mers, les « nations volontaires » garantiront la sécurité et soutiendront à la reprise économique du pays. Concrètement, l’armée ukrainienne devrait disposer de 800 000 soldats en temps de paix. Les moyens technologiques et satellitaires des États-Unis permettront de concevoir un système de surveillance et de supervision du cessez-le-feu.
Les résultats des discussions en attente
Mais aucun résultat de ces échanges ne sera annoncé avant la fin de la semaine, selon le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul. Tout comme Friedrich Merz, il insiste sur la responsabilité de Poutine pour mettre fin à la guerre, que ce dernier a engagé en 2022. Mais, contrairement aux propos de Donald Trump, certain que la Russie acceptera ces accords, le Kremlin ne garantit rien. Iouri Ouchakov, conseiller de Poutine, a exprimé de pas avoir pris connaissances des propositions faites, bien qu’il y aura sûrement « de fortes objections. »
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.
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