Le film Furcy, né libre, d’Abd Al Malik, sort en salles ce mercredi 14 janvier 2026. Il retrace la bataille judiciaire menée par Furcy, un esclave de l’Île de la Réunion, pour obtenir sa liberté. Un sujet qui reste rare dans le cinéma français, où le passé esclavagiste du pays est rarement abordé.
Furcy, né libre, le deuxième long-métrage de l’écrivain et réalisateur Abd Al Malik, sort au cinéma ce mercredi 14 janvier 2026. Ce film historique aborde le thème de l’esclavage en France, plus précisément à l’Île de la Réunion, un sujet très peu représenté dans le cinéma français. Après Tamango (1958), film franco-italien de John Berry qui avait été censuré en outre-mer, le paysage cinématographique français est resté largement silencieux sur cette question.
Un passé peu filmé
Ces vingt dernières années, seuls trois longs-métrages français ayant rencontré un certain succès ont évoqué l’esclavage. Il s’agit de Les Caprices d’un fleuve de Bernard Giraudeau (1995), Case Départ de Félix Éboué (2011) et Ni chaînes ni maîtres (2024). Toutefois, des réalisateurs étrangers ont plus souvent exploré ce sujet, comme Steven Spielberg avec Couleur pourpre (1985), Quentin Tarantino avec Django Unchained (2012) ou encore le Britannique Steve McQueen avec 12 Years a Slave (2013). Si l’esclavage est parfois abordé, l’histoire de l’esclavage et de ses abolitions en France est quant à elle presque absente des écrans. Avec ce film, Abd Al Malik souhaite aborder un sujet encore tabou dans le cinéma français. « Il est fondamental qu’on apprenne notre histoire. A force d’être dans le déni de notre passé esclavagiste et colonial, on crée des bombes qui vont nous exploser à la gueule », a-t-il déclaré à l’AFP.
Le cinéma comme mémoire collective
Le cinéma devient ainsi un outil de réconciliation avec le passé, mais aussi un devoir de mémoire. « Cette histoire est traumatique. Collectivement, on doit regarder notre histoire, même la plus sombre, droit dans les yeux », a affirmé le cinéaste à Outre-mer La 1ère. Il était donc crucial pour l’artiste que le film sorte en outre-mer un mois avant sa sortie en métropole. « Il était essentiel que cette histoire soit d’abord montrée là où elle s’est déroulée, dans des lieux profondément marqués par l’esclavagisme », a-t-il précisé à Outre-mer La 1ère.
Furcy, né libre, n’est pas un simple film sur l’esclavage, mais le récit du combat pour la justice mené par une figure historique méconnue, Furcy, esclave sur l’île Bourbon (aujourd’hui La Réunion). Ce long-métrage retrace sa bataille judiciaire, initiée dès 1817 et ayant duré plus de 27 ans, pour faire reconnaître son statut d’homme libre. Adapté du livre L’Affaire de l’esclave Furcy de Mohammed Aïssaoui, ce film réunissant Makita Samba, Romain Duris et Ana Girardot, s’inspire du véritable combat de Furcy.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.
Lina Moreau
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