La Coupe Intercontinentale : une coupe en carton ? Désiré Doué lors du match de la Coupe du Monde des Clubs face à Botafogo

Désiré Doué lors du match de la Coupe du Monde des Clubs face à Botafogo (IMAGO/Imagn Images)

La Coupe Intercontinentale : une compétition de foot en carton ?

Ce jeudi 18 décembre à 18h, le Paris Saint-Germain affrontera le club brésilien de Flamengo dans le cadre de la Coupe Intercontinentale. Une finale quasiment à domicile pour le club parisien puisqu’elle se déroulera au Qatar à Doha. Dans un calendrier de plus en plus chargé, quel est l’intérêt de cette compétition ?

Après s’être défait du CF Cruz Azul (Mexique) en quart de finale et du FC Pyramids (Égypte) en demi-finale, Flamengo jouera demain face au Paris Saint-Germain. Le club parisien, vainqueur de la Ligue des Champions en 2024, n’a pas eu de match à jouer. En effet, les Franciliens ont été qualifiés d’office pour cette finale. Cette compétition réunit 6 clubs, tous vainqueurs d’une compétition continentale : la Ligue des Champions de l’UEFA (Europe), la Copa Libertadores (Amérique du Sud), la Coupe des Champions de la CONCACAF (Amérique du Nord), la Ligue des champions de l’AFC (Asie), la Ligue des Champions de la CAF (Afrique) et la Ligue des Champions de l’OFC (Océanie). Depuis le 14 septembre, tous ces champions continentaux de 2025 se sont affrontés sur des matchs aller simple. Une compétition complètement méconnue du grand public…

Un format à faire tourner la tête

Auparavant, la Coupe Intercontinentale c’était le vainqueur de la Ligue des Champions européen contre le vainqueur de la Ligue des Champions d’Amérique du Sud. Oubliée, cette compétition avait un grand succès entre 1960 et 2004 et était considérée comme une vraie tradition footballistique. Mais aujourd’hui, cette nouvelle Coupe Intercontinentale de la FIFA n’est plus basée sur cet ancien format mais sur celui de l’ancienne Coupe du Monde des Clubs. Réformée en 2023, cette compétition organisait aussi des rencontres entre champions continentaux. Un format qui avantage surtout les clubs européens puisqu’ils sont qualifiés d’office en finale. Cependant, un club océanien doit effectuer 5 tours pour espérer d’atteindre la finale. Le club de Flamengo lui, va disputer son 3ème match en l’espace d’une semaine. Le championnat brésilien s’effectuant sur l’année civile, demain le club carioca va disputer son 77ème match de la saison. Un chiffre hors-norme pour une équipe de football !

Flamengo lors d’un match du championnat brésilien (Pedro Souza / Atlético)

Une fédération mondiale dans la démesure

Mais pourquoi créer cette compétition qui n’a pas vraiment d’intérêts footballistique puisqu’il existe déjà une Coupe du Monde des Clubs ? De plus, les joueurs et les équipes se plaignent de plus en plus des calendriers surchargés. Des successions de matchs qui ont un impact sur leur santé. Depuis une dizaine d’années l’UEFA mais aussi la FIFA n’arrête pas de créer et de réformer toutes les compétitions possibles : la Ligue des Nations, le changement de la Coupe du Monde des Clubs ou encore de la Coupe du Monde de la FIFA. Un impact écologique énorme avec des déplacements massifs de supporters et des créations de stades en tout genre. L’enjeu est bien évidemment financier. Plus il y a de matchs, plus il y a de publics donc plus de retombées économiques. Des clubs comme le CF Cruz Azul ou Flamengo sont des clubs extrêmement populaires dans leur pays. Des rencontres qui attirent donc énormément de fans. Cette compétition permet aussi d’exporter la « marque » des clubs. Le Paris Saint-Germain va potentiellement encore plus fidéliser un public qatari (déjà bien acquis à sa cause). Cela va donc engendrer plus de revenus avec du merchandising ou encore de la vente de maillots.

Rendez-vous donc demain, à Doha, pour un potentiel 5ème trophée du Paris Saint-Germain en 2025.

N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.

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Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.