Dans la soirée du lundi 12 janvier 2026, le journal satirique Charlie Hebdo a publié un second dessin concernant le drame de Crans-Montana. Cette publication fait suite à la plainte déposée contre leur premier croquis, jugé polémique, qui évoquait les victimes de l’incendie meurtrier.
Charlie Hebdo a choisi de réagir par le dessin. Lundi 12 janvier 2026 au soir, le journal satirique a publié sur ses réseaux sociaux un nouveau croquis concernant le drame de Crans-Montana, qui a coûté la vie à 40 personnes le 1er janvier dernier. Une publication qui intervient en réponse à la plainte déposée ce lundi 12 janvier 2026 contre la première caricature polémique du journal. « A-t-on le droit de blasphémer avec les Suisses ? La rédaction décimée par deux arbalétriers », ironise l’hebdomadaire français. L’illustration représente les locaux de la rédaction ciblés par deux arbalétriers, avec, autour d’eux, les membres du journal abattus et criblés de carreaux. Cette scène n’est pas sans rappeler l’attentat du 7 janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo, qui avait fait douze morts. Ce second dessin est également signé Éric Salch, comme le précédent.
Une plainte déposée au nom de la dignité des victimes
Publié le 9 janvier 2026, jour de deuil national en Suisse, le premier croquis intitulé « Les brûlés font du ski, la comédie de l’année », en référence au film Les Bronzés font du ski, avait immédiatement choqué l’opinion publique suisse et suscité une vive polémique. Indignés, l’autrice Béatrice Riand et son époux avocat Stéphane Riand, un couple suisse, ont déposé plainte ce lundi 12 janvier 2026 contre le média et le dessinateur Éric Salch. Interrogé par le média suisse RTS, le couple estime que la caricature transgresse l’article 135 du Code pénal suisse relatif aux formes de représentations de la violence. « Le dessin de Salch porte atteinte à la dignité des victimes. Il ne montre pas la violence subie pour la dénoncer, mais neutralise la violence subie par le rire. La caricature ne présente aucun intérêt culturel, artistique, scientifique ou informatif prépondérant », ont-ils déclaré au média suisse.
Gérard Biard défend l’humour noir de Charlie Hebdo
Lors de l’émission Forum de RTS, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, a tenu à préciser que le dessin incriminé visait « l’absurdité » de la tragédie de Crans-Montana et n’avait pas pour but de « se moquer des victimes ». Il justifie cette publication par la tradition de l’humour noir du journal. « L’humour est aussi cathartique, on doit provoquer quelque chose. Bien sûr, cela peut choquer. Mais la satire est aussi là pour choquer. L’humour peut être quelque chose de déplaisant. Ce n’est pas forcément quelque chose d’agréable. » Le journaliste a par ailleurs mentionné avoir reçu de nombreux messages de Suisses indignés par l’illustration : « C’est très amusant, parce que ce sont des messages très respectueux, très polis, alors que généralement, on se fait traiter de sale fils de p*** et on nous dit d’aller manger nos morts. Là, c’est un autre ton. »
Lors de la même émission, Béatrice Riand a justifié sa démarche judiciaire : « La liberté d’expression a des limites clairement définies par la loi. Et on pose la question de ce qui prime entre la dignité humaine et la liberté d’expression. Ce sera au Ministère public de trancher. » En cas de condamnation, le couple espère obtenir le versement d’une indemnité compensatrice aux victimes et à leur famille.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.
Lina Moreau
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