Attaques américaines dans le Pacifique : une remise en cause de la légalité des actions contre le narcotrafic. Images des attaques menées par les États-Unis dans le Pacifique, le 15 décembre 2025 contre des navires soupçonnés de narcotrafic. (Capture d'écran de la vidéo postée sur X par U.S. Southern Command.)

Images des attaques menées par les États-Unis dans le Pacifique, le 15 décembre 2025 contre des navires soupçonnés de narcotrafic. (Capture d'écran de la vidéo postée sur X par U.S. Southern Command.)

Attaques américaines dans le Pacifique : la légalité des actions contre le narcotrafic remise en cause

Lundi 15 décembre 2025, de nouvelles frappes américaines ont tué 8 personnes dans l’océan Pacifique. Cette attaque menée dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic engagée par Donald Trump pose des questions de légalité et de droit international.

Jusqu’où le président Trump va-t-il aller dans sa guerre contre le narcotrafic ? Lundi 15 décembre 2025, des frappes américaines contre trois navires soupçonnés de narcotrafic par les États-Unis ont fait huit morts. Depuis début septembre, ces types d’actions ont causé la mort d’au moins 95 personnes dans le Pacifique et les Caraïbes. Donald Trump justifie ces attaques par une lutte contre un grand réseau de trafic de drogue dirigé par le président vénézuélien Nicolás Maduro. Cependant, pour certains experts du droit international, ces frappes menées par l’armée américaine ne sont pas légitimes.

Sur X, le commandement du Sud des États-Unis a publié une vidéo de l’attaque du 15 décembre et explique que les navires abattus « transitaient le long de routes connues du narcotrafic dans l’est du Pacifique et étaient impliqués dans le narcotrafic ». Pourtant, depuis le début des opérations menées dans le Pacifique et dans les Caraïbes, des voies s’élèvent pour remettre en cause les justifications de Washington.

Des opérations qui font réagir les autorités internationales

Début décembre, l’ONG Human Rights Watch demandait aux partenaires des États-Unis de condamner les frappes « illégales » contre des bateaux de trafiquants de drogue présumés.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a lui déclaré à l’AFP que « selon le droit international, le recours intentionnel à une force létale n’est permis qu’en dernier ressort contre un individu représentant une menace imminente pour la vie. » Depuis septembre, l’administration américaine ne fournit pas de preuves claires de l’implication des embarcations attaquées dans le trafic de drogues, ni de la menace imminente qu’elles représentent. Le 10 novembre dernier, Volker Türk a demandé à Washington une enquête sur la légalité de ces frappes, car selon lui, de nombreux indices laissent penser qu’il s’agit d’une violation du droit international des droits de l’homme et d’exécutions extrajudiciaires.

Une procédure d’action non respectée

Suite aux premières attaques commanditées par Donald Trump, l’AFP rappelait qu’une opération antidrogue en mer doit passer par un arraisonnement du navire, l’arrestation de ses occupants et la saisie de son chargement. Mais le président américain préfère la manière forte pour détruire ce qu’il considère comme une menace à la sécurité et aux intérêts nationaux des États-Unis. 

Les critiques émergent également chez les opposants américains de Trump. L’élu démocrate, Don Beyer, déclarait sur X que « Le président n’a légalement pas le droit de tuer des gens dans les eaux internationales en se fondant simplement sur des accusations dénuées de preuves, sans procédure en bonne et due forme. »

N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.