Lundi 15 décembre, le musée du Louvre était fermé en raison d’un mouvement social. Son origine ? 400 agents du musée, soutenus par la CGT et la CFDT, ont voté pour une grève reconductible. L’objectif : dénoncer les conditions de travail de plus en plus difficiles et la détérioration du lieu.
Soutenus par la CGT et la CFDT, 400 agents ont voté hier, à l’unanimité, la fermeture du Louvre. Une décision qui sonne comme un cri du cœur pour dénoncer les conditions de travail et le délabrement du musée. Dans un communiqué du 8 décembre les syndicats indiquent, à l’attention de la ministre de la culture Rachida Dati, les raisons de cette grève : “Les personnels de l’Etablissement Public du Musée du Louvre (EPML) subissent des conditions de travail toujours plus dégradées et, faute de moyens suffisants et correctement fléchés, sont empêchés d’accomplir leurs missions de service public.” Mais comment expliquer la révolte des salariés et quel avenir pour le musée ?
« Les caméras, ça ne suffit pas »
Entre le cambriolage d’octobre dernier et la volonté du ministère de la culture de baisser la donation publique allouée au Louvre dans le projet de loi de finances 2026, les salariés du musée n’en peuvent plus. Un ras-le-bol traduit par les panneaux brandis ce lundi par les manifestants : “Les caméras, ça ne suffit pas”, “On veut des postes pour le musée du Louvre”. Pour rappel, le 19 octobre entre 9h30 et 9h37, quatre malfaiteurs ont pénétré dans la galerie Apollon afin de voler neuf bijoux et joyaux de la Couronne de France. Le montant du dommage s’estimait à 88 millions d’euros. Au-delà d’un préjudice financier et patrimonial fort, le vol avait révélé “les failles du système de sécurité”, déclarait le syndicat Sud Culture Solidaires, pointant du doigt “la destruction des emplois” consacrés à la sécurité et “l’absence de financement en temps voulu” des équipements
« On veut des postes pour le musée du Louvre »
Loin d’être la seule bascule dans la colère des salariés, la baisse de 5,7 millions d’euros de la subvention semble être la goutte de trop. En 2024, le musée bénéficiait de 98,2 millions d’euros d’aides de l’Etat. Mais la ministre de la culture s’est ravisée la semaine dernière suite à des réunions avec les syndicats, pour tenter d’éviter la fermeture du musée à l’approche des vacances de Noël. Un coup d’épée dans l’eau qui n’a pas su endiguer les ressentiments des employés.
Une grève reconductible
Le mouvement a permis d’entendre les revendications autour de l’emploi, de la politique de l’établissement et des conditions de travail. Selon les informations de Ouest-France, la prochaine assemblée générale se tiendra mercredi à 9h. Il est probable qu’une nouvelle grève ait lieu si les revendications listées dans le communiqué du 8 décembre ne sont pas prises en compte.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.
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