Le dernier budget de la Métropole avant les élections municipales et métropolitaines, adopté avec 81 voix contre 56 ce lundi 15 décembre, cristallise un peu plus la bataille entre les écologistes et l’alliance des droites. Jean-Michel Aulas contre-attaque et demande un audit de la gestion budgétaire des écologistes.
La Métropole de Lyon a adopté son budget, le dernier avant les élections municipales et métropolitaines qui se tiendront dans exactement trois mois. Cela a été une nouvelle occasion pour Jean-Michel Aulas de faire parler de lui et de s’en prendre à son ennemi juré, les écologistes. Avec son alliée Véronique Sarselli, candidate des Républicains à la Métropole, ils accusent la majorité écologiste « d’insincérité » et de « faire exploser la dette ». L’ex-patron de l’Olympique lyonnais demande un audit des finances de la Métropole et « un contrôle de légalité ».
Contrer les fake-news
Face à ces attaques, Bruno Bernard, l’actuel président écologiste du Grand Lyon, a réagi en appelant à « arrêter de salir le débat public » et accuse l’opposition « d’être partie non pas pour un débat sain, mais pour diffuser de fausses informations ». Le candidat à sa réélection revient notamment sur l’accusation d’une dette qui aurait explosé, qu’il ne laisse pas passer.
En 2021, la dette est estimée à 1,9 milliard d’euros et chute à 1,65 milliard en 2024, soit une baisse de 253 millions d’euros selon les chiffres de Lyon Entreprises.
La réalité chiffrée du budget de la Métropole
Après les déclarations de l’opposition de droite et du centre droit, qui a fusionné sous la bannière de Grand Cœur Lyonnais, Rue89 Lyon propose de s’arrêter sur la réalité des chiffres de ce budget. Il s’élève à 3,974 milliards d’euros, en légère hausse par rapport à celui de l’année précédente. Les priorités restent les mêmes : la solidarité, le logement et la transition écologique. La répartition des dépenses demeure globalement inchangée. On note une légère hausse du nombre de bénéficiaires du RSA pour l’année 2026, mais loin de « l’explosion de la dette » prétendue par Véronique Sarselli.
L’actuel président du Grand Lyon déplore la déclaration publique de Jean-Michel Aulas réclamant un « contrôle de légalité minutieux », puisque « l’État le fait automatiquement, mais ça ne mange pas de pain ». Lorsque Véronique Sarselli surenchérit en mettant en corrélation l’augmentation des dépenses et des prélèvements avec « l’augmentation de la pression fiscale sur les entreprises et les propriétaires », Bruno Bernard rétorque en pointant du doigt « les gouvernements successifs soutenus par votre groupe depuis plusieurs années », qui, selon lui, empêchent d’avoir la mainmise sur les recettes en raison de la reprise de plusieurs taxes, notamment la TVA et la taxe d’habitation.
La contre-attaque des écolos
Bruno Bernard, qui jusqu’ici s’était défendu, n’hésite plus à renvoyer la balle dans l’autre camp en reprochant à son tour la mauvaise gestion de la politique menée par Véronique Sarselli, actuelle mairesse de la commune de Sainte-Foy-lès-Lyon. Il met en parallèle la promesse qu’elle avait faite envers « les modestes qui peinent à se loger » et la pénalité SRU, relative au manque de logements sociaux, dont fait l’objet la commune de la candidate.
À trois mois des élections, quoi que l’on pense de ce nouveau et dernier budget avant les municipales, il est révélateur d’une campagne déjà engagée et d’une confrontation de plus en plus frontale entre écologiste et l’alliance de la droite incarnée par Jean Michel Aulas.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025
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