37 personnes sont mortes au Maroc le 14 décembre 2025 dans des inondations sur la côte atlantique du pays. Quelles sont les causes de l’augmentation de ces catastrophes naturelles et quelle stratégie du Maroc pour les empêcher ?
De violentes inondations ont causé la mort de 37 personnes, dimanche 14 décembre, dans la région de Safi, sur la côte atlantique du Maroc. Le pays n’avait pas connu d’épisodes aussi meurtriers depuis 1995. Dans une zone géographique particulièrement soumise aux changements climatiques, le Maroc est fréquemment touché par ces crues soudaines et impressionnantes et tente de répondre à ce risque par la mise en place d’une politique environnementale de plus en plus préventive.
Des inondations directement liées au réchauffement climatique
“Les inondations sont les catastrophes naturelles liées au climat les plus fréquentes au Maroc”, selon un rapport “Climat et développement” de la Banque Mondiale. En effet, le pays connaît habituellement en automne, une diminution des températures d’une dizaine de degrés. Avec le réchauffement climatique, cette baisse est désormais limitée et maintient un fort taux d’humidité dans l’atmosphère sans permettre aux évaporations de l’été de totalement disparaître. Ce cocktail augmente dès lors le risque d’averses intenses, que la capacité d’absorption des sols ne peut pas endiguer. “Les pluies commencent normalement en octobre mais on a eu un été qui a duré jusqu’à novembre(…). Et d’un coup, la pluie est arrivée, il y a deux ou trois semaines alors que nous avons une sécheresse qui dure depuis six ans. Les sols, les réseaux d’assainissement dans les villes… Tout doit se réadapter à une pluie qui n’est pas là depuis six ans”, explique à RFI Meryem Tanarhte, enseignante-chercheuse à l’université de Casablanca. Ce phénomène est exacerbé par l’élévation du niveau de la mer dans cette région du continent africain selon le même rapport. Cette montée des eaux constitue, en plus des inondations, un autre facteur de stress à long terme pour le Maroc puisque le littoral concentre plus de 65% de la population totale du pays et 90% de ses sites industriels.
Mise en place d’une politique écologique préventive
Dans ce contexte, le Maroc s’est emparé, depuis une dizaine d’années, de la question climatique en adoptant une politique de plus en plus préventive. Après s’être hissé à la sixième place de l’Indice de Performance Climatique lors de la COP 30 au Brésil, en novembre dernier, le pays est désormais considéré comme le leader du continent africain dans la course vers la neutralité carbone. Avec l’objectif de porter, d’ici 2030, la part de ses énergies renouvelables à 52%, le Maroc tente de réduire les émissions de gaz à effets de serre et d’endiguer, à son échelle, le réchauffement climatique à l’origine de ces épisodes d’inondations. Une autre illustration de la volonté du pays de lutter de manière préventive contre les catastrophes naturelles est aussi mise en avant par le rapport de la Banque Mondiale. Le Fond de Lutte contre les effets des Catastrophes Naturelles (FLCN), créé en 2009 et initialement prévu pour financer des reconstructions post catastrophes a finalement été repensé pour servir à la réduction des risques de catastrophe ainsi qu’à la mise en place d’une prévention de ces inondations et de la montée des eaux à un niveau local.
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025.
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