À l'intérieur du Sénat.

Les sénateurs ont voté ce lundi 15 décembre en première lecture un budget pour 2026.

Vote du Budget 2026 au Sénat : le déficit du PIB revu à la hausse

Les sénateurs ont voté en première lecture le texte du budget 2026, ce lundi 15 décembre. Il prévoit un objectif de 5,3% du PIB, contrairement au 4,7% initialement annoncé.  Marqué par des coupures budgétaires, la Chambre Haute se contente en grande partie de taxations déjà existantes.

Dans l’attente depuis plusieurs semaines, l’Etat français entrevoit pour la première fois le vote d’un budget pour son année 2026. Après un rejet quasi unanime des députés en novembre dernier, les sénateurs ont voté ce lundi 15 décembre, à 187 voix contre 109 un budget en première lecture. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est imposé un défi de taille en voulant apporter à la France un plan budgétaire pour 2026 sans passer par l’usage du 49-3, suivant une « politique du compromis ». 

Avec un objectif prévu à 4,7% du PIB par le Gouvernement, la réalité est tout autre. Le texte adopté, par la majorité sénatoriale à droite et le centre, revoit à la hausse le déficit du PIB fixé alors à 5,3%, au grand dam de la droite républicaine. 

Premier groupe partisan au Sénat, Les Républicains s’est positionné en majorité pour l’adoption du projet de loi de finances avec un total de 106 voix en faveur.  Malgré tout, Mathieu Darnaud, président du groupe Les Républicains au Sénat, en rejette toute responsabilité : « Nous avons été cohérents et nous n’avons pas voté d’impôts supplémentaires ni de taxes ». Selon lui, le vote de la loi de financement de la sécurité sociale des députés aurait entraîné des conséquences directes sur cette hausse.

De son côté, le ministre de l’économie Roland Lescure ne trouve pas satisfaction dans ce vote, « 5,3% du PIB avec le budget que le Sénat vient de voter, ça ne passe pas ! Vous allez devoir faire des concessions, y compris sur les recettes qui ne sont pas au rendez-vous », a-t-il plaidé dans l’hémicycle.

La grande question de ce vote n’était pas de savoir si les députés de droite se ralliaient aux propositions libérales délivrées par le macronisme depuis plus de 8 ans, mais à quelle échelle les mesures sociales allaient en pâtir. Sans surprise, la version adoptée par la majorité de sénateurs s’est empressée de découper une à une les mesures amendées par les députés, au cours des discussions qui s’étalent depuis près de 3 semaines en séance publique.

Des taxations et impôts trop faibles

Le vote final pose problème sur la baisse des taxes du patrimoine et des entreprises comme les  impôts sur les grandes fortunes, défendue par la gauche.  Les sénateurs se sont positionnés sur une réduction de la taxe sur le patrimoine financier des holdings patrimoniales, initialement prévue à un milliard d’euros contre 100 millions finalement voté.

Dans la même lignée, les fortunes immobilières seront taxées non pas d’un impôt sur la fortune immobilière, mais d’un impôt sur la « fortune improductive ». Concrètement, les biens immobiliers professionnels en seront épargnés. La perte de recettes publiques s’élève à 600 millions d’euros. Autre point, le rendement divisé de moitié sur la surtaxe des grandes entreprises. Initiée en 2025, la Chambre Haute a décidé de la reconduire à seulement 4 milliards d’euros.

Le vote du budget s’inscrit dans une coupure budgétaire multisectorielle tout en refusant la hausse des taxes, notamment sur les entreprises. Parmi les mesures marquantes, la suppression de 4000 postes au sein de l’Éducation nationale.

S’inscrivant dans un contexte de crise, cette décision n’est pas une bonne nouvelle pour la qualité de l’enseignement qui se dégrade en France.

En plus de l’éducation, le secteur industriel est touché à hauteur d’un milliard d’euros, grignoté sur le plan de relance et de réinvestissement « France 2030 ». Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin n’a pas manqué de réagir à cette coupure budgétaire, estimant avoir besoin pour 2026, « de 5,5 milliards d’euros dont 4,2 pour honorer des engagements déjà pris par l’État et 1,3 pour investir dans de nouveaux projets »

Vendredi 19 décembre, signera la prochaine étape pour le budget 2026. Il sera débattu en commission paritaire réunissant sept sénateurs et sept députés. Or, il est peu probable qu’ils s’accordent sur une position. Le gouvernement prévoit déjà de l’adopter au détour d’une loi spéciale fin décembre, simple moyen de contourner le problème le temps de quelques mois.

Par Méline Vert

N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 16 décembre 2025. 

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