Cet article s’inscrit dans un dossier spécial d’Horizons Médiatiques consacré aux multiples enjeux liés à l’ICE, entre violences, médiatisation et intérêts économiques.
Depuis le 9 janvier, des milliers de personnes ont défilé dans plus de 1 000 villes à travers les États-Unis pour dénoncer les pratiques de l’agence fédérale de police de l’immigration, l’ICE. Ces mobilisations font suite à la mort de Renée Nicole Good, tuée par un agent d’ICE à Minneapolis, et relancent le débat national sur le rôle de cette institution controversée.
Des rassemblements ont eu lieu samedi et dimanche dans tout le pays, à Minneapolis, New York, Boston, Los Angeles, Portland et dans de nombreuses petites villes, sous le slogan “ICE Out for Good”, littéralement « Que ICE disparaisse pour de bon », clin d’œil tragique à Renee Good. D’après The Trace, média orienté sur les violences par armes à feu, elle est la quatrième personne tuée par le Service d’Immigration et des Douanes des Etats-Unis (ICE).
Ces manifestations ont été organisées par des associations locales et nationales comme Indivisible ou l’ACLU pour exiger des comptes après la mort de Renee Good et dénoncer ce qu’elles considèrent comme une culture de violence et d’impunité au sein de l’organisation.
Pancartes, marches et veillées ont rassemblé familles, militants, étudiants et citoyens ordinaires. Toutes et tous présents pour défendre leurs droits civiques. Beaucoup ont scandé des slogans appelant à abolir ICE, à réformer son mandat et à protéger les communautés immigrées.
Une mort qui choque l’Amérique
Renee Nicole Good avait 37 ans, était mère de trois enfants et faisait partie de réseaux de citoyens qui observaient et documentaient les opérations d’ICE à Minneapolis. Le 7 janvier 2026, Jonathan Ross, un agent de l’ICE l’a abattue dans sa voiture près d’une opération de police. Les autorités ont affirmé qu’elle aurait tenté de renverser l’agent, mais des vidéos publiées contredisent cette version et montrent que la force utilisée paraît disproportionnée, ravivant les critiques sur l’usage de la force par l’agence. Un débat qui scinde en deux les Etats-Unis.
Sa mort a provoqué une onde de choc et suscité une forte colère, y compris parmi des personnalités publiques et politiques qui dénoncent une « organisation paramilitaire anti-civile », comme l’appuie Alexandria Ocasio-Cortez, démocrate new-yorkaise. Cette critique trouve un écho plus large dans la médiatisation des actions de l’ICE, notamment à travers les prises de position de célébrités et de figures publiques analysées dans un autre article de Horizons Médiatiques.
ICE symbole d’une politique migratoire brutale
L’ICE est une agence fédérale américaine chargée de faire appliquer les lois sur l’immigration, de procéder à des arrestations et expulsions. Créée après les attentats du 11 septembre, elle a vu ses pouvoirs considérablement renforcés lors de la seconde présidence de Donald Trump, dans le cadre d’une politique d’expulsions massives et de durcissement des contrôles aux frontières. Cette évolution a suscité de nombreuses critiques non seulement sur le plan humain et juridique, mais aussi sur les logiques économiques qui entourent son fonctionnement, un aspect que nous détaillons dans un autre article de Horizons Médiatiques consacré aux intérêts économiques en jeu autour de l’ICE.
Cette politique d’application agressive a déjà suscité une forte opposition populaire. En juin 2025, des manifestations majeures ont éclaté à Los Angeles contre des raids menés par l’ICE, rassemblant des milliers de personnes pour dénoncer les expulsions massives et les méthodes de l’agence.
Les protestations actuelles montrent que l’indignation dépasse Minneapolis : des vigiles en hommage à Renée Good ont eu lieu à Seattle, Denver, Tampa Bay et au-delà, et des actions sont prévues toute la semaine. L’affaire relance un débat national sur le rôle de l’ICE, l’usage de la force par les forces fédérales et la place de la politique migratoire dans une société pluraliste.
Louna Le Guillou
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.
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