Aujourd’hui s’ouvre en appel un procès portant sur l’emploi fictif d’assistants parlementaires au sein du FN, ancien nom donné au Rassemblement National, porté par Marine Le Pen. Retour sur les accusations portées sur certains membres de l’un des partis politiques les plus populaires de l’Hexagone.
Il y a 13 ans, Mediapart révélait que Marine Le Pen employait comme assistant parlementaire, sur le compte de l’Union Européenne, son ex-compagnon et actuel maire de Perpignan, Louis Aliot. Cette révélation n’était en fait qu’une partie du montage financier organisée par la présidente de l’actuel Rassemblement National. Au total, 24 personnes étaient appelées à comparaître initialement devant la justice pour s’expliquer sur ce potentiel détournement d’argent public, dont certains députés actuels comme Julien Odoul ou encore Timothée Houssin. De plus, le Front National était lui aussi dans le viseur de la justice en tant que personne morale. Un procès en appel s’ouvre aujourd’hui à la Cour d’appel de Paris pour une durée de 5 semaines, après une première condamnation le 31 mars 2025.
Qu’est-ce qu’on leur reproche précisément ?
Marine Le Pen est accusée d’avoir détourné 3 millions d’euros de fonds publics venant de l’Union Européenne afin de rémunérer des assistants parlementaires travaillant pour son propre parti, le Front National à l’époque, et non pour le parlement européen. Ces emplois fictifs se sont avérés être une mécanique bien huilée de financement parallèle à son parti politique.
« Marine, serait-il possible que je vienne à Strasbourg demain pour voir comment se déroule une session au Parlement européen, rencontrer députés et assistants, et faire la connaissance de Mylène Troszczynski à qui je suis rattaché ? »
Julien odoul, ex assistant parlementaire et actuel député du rn
Parmi eux, on retrouve Julien Odoul, qui était officiellement assistant parlementaire de l’eurodéputée Mylène Troszczynski. Au total, 56 000 euros ont été perçus par l’actuel député du Rassemblement National. Le problème ? Un mail adressé à Marine Le Pen venant du jeune homme politique où l’on pouvait lire « Marine, serait-il possible que je vienne à Strasbourg demain pour voir comment se déroule une session au Parlement européen, rencontrer députés et assistants, et faire la connaissance de Mylène Troszczynski à qui je suis rattaché ? ». Autre document accablant du dossier, un échange de mails entre l’eurodéputé Jean-Luc Schffhauser et le trésorier du FN, Walleyrand de Saint-Just. A travers ces courriers électroniques les deux hommes discutaient justement de ces emplois fictifs, l’un deux affirmant même que Marine Le Pen « sait tout cela ».

Un premier jugement prononcé en mars dernier
Marine Le Pen espère une issue plus favorable que lors de son premier procès. Le 31 mars 2025, le tribunal avait déjà jugé cette affaire. La cadre du RN avait entre autres été condamnée à une peine d’inéligibilité immédiate pour 5 ans, l’empêchant ainsi de se présenter aux prochaines élections présidentielles françaises, en avril 2027. Avec son appel, elle compte notamment réduire cette peine à deux ans. Elle avait aussi été condamnée à 4 ans de prison dont deux fermes et 100 000 euros d’amende. D’autres membres du parti avaient eux aussi été condamnés à de la prison ferme ou avec sursis. C’était le cas pour Louis Aliot, Nicolas Bay (secrétaire général du FN), Bruno Gollnish (figure historique du FN et ami proche de Jean-Marie Le Pen), ou encore Fernand Le Rachinel, ancien député européen.
Le dénouement final de cette affaire est attendu pour le 12 février prochain, à moins que Marine Le Pen tente le recours à la Cour de Cassation…
Lucas Teitler
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025 et a été relu par Olivia Dumonceau.
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