Cet article s’inscrit dans un dossier spécial d’Horizons Médiatiques consacré aux multiples enjeux liés à l’ICE, entre violences, médiatisation et intérêts économiques.
Des pin’s portés aux Golden Globes, aux déclarations de la Maison-Blanche, la mort de Renee Nicole Good, tuée par un agent de la police de l’immigration américaine (ICE), a déclenché une onde de choc politique, médiatique et culturelle aux États-Unis.
C’est lors de l’un des événements culturels les plus populaires et médiatisés au monde que la police de l’immigration américaine ICE a de nouveau été au centre de l’attention. La 83e cérémonie des Golden Globes s’est tenue le 11 janvier 2026 à Los Angeles et elle récompense chaque année les professionnels, les films et séries télévisées américains. Cette année, plusieurs personnalités, comme Ariana Grande, Wanda Sykes, Natasha Lyonne et Jean Smart, sont venues portant des pin’s avec les messages « Be Good » et « ICE Out« , une référence directe au meurtre de Renee Nicole Good et à un appel explicite au démantèlement de l’agence fédérale de l’immigration, sujet traité dans un autre article de Horizons Médiatiques.
« Un fou au pouvoir »
Parmi ces célébrités, Mark Ruffalo, acteur et figure engagée de Hollywood, à affirmer son désaccord avec Donald Trump, qualifiant le président de « fou au pouvoir », et accusant son parti de déshumaniser les migrants et de banaliser la violence d’État.
Républicains et camp MAGA : justification, blâme et rhétorique sécuritaire
Donald Trump a défendu l’usage de la force par les agents fédéraux et a décrit la victime et ses compagnons comme « highly disrespectful » (très irrespectueux) envers les forces de l’ordre. Le vice-président JD Vance, figure centrale du mouvement MAGA, a rapidement pris la parole pour défendre l’agent impliqué, Jonathan Ross. Le 8 janvier 2026, à la Maison Blanche, il a déclaré publiquement que la mort de Renee Good était « tragique », mais résultait de ses propres actes. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, a annoncé, aux journalistes présents devant la résidence officielle, défendre l’agent de l’ICE, le qualifiant de « courageux » et affirmant qu’il s’agissait de légitime défense. Elle a également qualifié Renee Good de « lunatic » (individu dérangé / fou).
Démocrates : enquêtes, droits civiques et remise en cause d’ICE
À l’opposé, Zohran Mamdani, maire démocrate de New York depuis le 1er janvier 2026, a posté une vidéo sur le réseau social X et a pris la parole pour rappeler publiquement aux citoyens leurs droits face aux agents de l’ICE, notamment lors des contrôles et arrestations : « ICE ne peut pas rentrer dans les espaces privés comme votre maison, école ou zone privée de votre lieu de travail sans un mandat judiciaire, signé par un juge. » Il conclut : « New York accueillera toujours les immigrés. Et je me battrai chaque jour pour protéger, soutenir et célébrer nos frères et sœurs immigrés. »
Plusieurs élus démocrates au Congrès ont envisagé l’idée d’utiliser le « financement » du Department of Homeland Security (DHS), dont dépend l’ICE, comme levier pour lancer des réformes, notamment autour de l’usage de la force et des pratiques d’arrestation, sujet traité dans un autre article de Horizons Médiatiques. Ce débat se déroule dans le cadre des négociations annuelles pour financer le DHS avant la fin du mois de janvier, qui sont en cours au Congrès américain.
Emma Pertusot
N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.