Sifflet pour alerter les habitants de l'arriver de l'ICE. Les "ICE watchers" utilisent des sifflets, des klaxons et des signaux sonores pour prévenir les arrestations de l'ICE.

Les "ICE watchers" utilisent des sifflets, des klaxons et des signaux sonores pour prévenir les arrestations de l'ICE.

Sifflets contre sirènes : sur le terrain, la résistance locale face à l’ICE s’organise

Cet article s’inscrit dans un dossier spécial d’Horizons Médiatiques consacré aux multiples enjeux liés à l’ICE, entre violences, médiatisation et intérêts économiques.

Depuis la mort de Renee Nicole Good, la contestation contre l’ICE ne se limite plus aux déclarations politiques ou aux prises de position de célébrités. Dans les quartiers ciblés par les raids fédéraux, une résistance locale et collective s’organise.

Dans les jours qui ont suivi le drame, le Department of Homeland Security (DHS) a renforcé la présence de l’agence fédérale dans l’État du Minnesota. Selon la presse locale, des centaines d’arrestations liées à l’immigration ont été menées, tandis que plusieurs centaines d’agents supplémentaires ont été déployés à Minneapolis. En tout, la DHS recense plus de 2 000 arrestations depuis décembre.

Les autorités invoquent la sécurité des agents, tandis que les élus locaux et associations dénoncent au contraire une montée de la répression et un climat de peur dans les quartiers populaires.

« ICE Watch » : les sifflets, symbole d’une résistance de quartier

Face aux opérations, des réseaux d’habitants appelés « ICE watchers » se sont structurés afin de repérer les véhicules de l’ICE, filmer les arrestations et prévenir les riverains sans se mettre en travers des actions des agents. Ces patrouilles citoyennes sont décrites comme une forme de vigilance légale, destinée à limiter les abus et à documenter les interventions.

Parmi les tactiques les plus visibles, l’usage de sifflets, klaxons et signaux sonores s’est imposé comme une nouvelle arme de résistance. À l’approche supposée de l’ICE, des habitants alertent immédiatement le voisinage. « Plus ils essaient de s’éloigner de nous, moins ils passent de temps à rechercher des personnes à enlever » , « Souvent, quand ils s’arrêtent et que les gens se mettent à siffler ou à klaxonner, ils repartent tout simplement » explique Patty O’Keefe et Elle Neubauer, des résidentes de Minneapolis citée par le Minnesota Reformer.

La femme de Renee Nicole Good, Becca Good, a affirmé qu’ils utilisaient déjà des sifflets dans leur quartier mais qu’ils restaient impuissants face au pouvoir de l’ICE: “We had whistles. They had guns” (On avait des sifflets et ils portaient des armes).

Solidarité et entraide au quotidien

Au-delà des alertes, une véritable entraide s’est mise en place : soutien pour les frais juridiques, accompagnement des familles, hébergement temporaire, relais associatifs et religieux. Des mobilisations similaires ont été observées dans plusieurs grandes villes américaines, avec des centaines de rassemblements coordonnés après la mort de Renee Good, sujet traité dans un autre article de Horizons Médiatiques.

Face à une police fédérale surarmée, cette résistance locale venue des habitants repose sur des gestes simples mais visibles et rassemble vigilance collective, bruit et solidarité. Pour beaucoup, la mort de Renee Good marque un tournant : la peur demeure, mais elle s’accompagne désormais d’une organisation citoyenne durable dans les quartiers et le quotidien.

Emma Pertusot

N.B : cet article a été publié dans le cadre d’un cours dédié à la webrédaction organisé le 13 janvier 2025.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.