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Photo d'Illustration de course sur route. sporlab/unsplash

Anthony Frontera, l’athlète qui n’aimait pas courir

Double vainqueur du 10 km de Lyon en 2023 et 2024.  Anthony Frontera, 30 ans, s’est construit un parcours atypique dans le milieu de l’athlétisme. Fruit d’un désamour entre lui et la discipline au début de sa carrière. Retour sur un mariage qui a mis du temps à se dessiner.

Entre amour et haine, il n’y a qu’un pas. Ce n’est pas Anthony Frontera qui dira le contraire, tant son hostilité pour l’athlétisme était palpable dès le départ.

L’athlète de 30 ans n’était absolument pas prédestiné à devenir un grand coureur de fond. Son premier coup de foudre a été pour le football après y avoir joué de ses 8 à 19 ans au ballon rond. Durant ces dix années, il était impensable de lui parler d’autres sports et surtout pas d’athlétisme.« Je détestais la course, faire des tours de terrain lors de l’échauffement était une corvée », avoue-t-il.

Premier footing à 21 ans

Lors de son adolescence, le jeune Frontera délaisse un peu le foot au profit d’une autre passion : la fête. Il plaisante : « À mes 16 ans, j’ai commencé à beaucoup sortir et dès que je suis devenu majeur j’ai commencé à aller en boite de nuit, à boire, fumer, j’étais bien loin des tours de piste à ce moment-là. »

Le football est encore présent dans sa vie, mais ses sorties nocturnes ne corrèlent pas avec l’intensité de ses matchs. C’est alors qu’un tournant arrive dans sa vie. Lors de la dernière rencontre de la saison, Frontera se tord le genou. L’IRM passé dans la foulée lui indique une rupture des ligaments croisés. La romance entre lui et le football s’avère terminée.

Le futur athlète est anéanti : « Cela a été un coup de massue, j’ai dû me faire opérer et pendant 1 an je n’ai pas pu faire de sport. »

« J’ai été piqué par l’athlétisme grâce aux compétitions. »

Une fois remis sur pied, Frontera décide alors de s’inscrire dans une salle de sport. C’est là-bas qu’un coach lui propose de venir faire des sorties de course à pied en groupe. Le jeune homme accepte, curieux de savoir ce qu’il vaut. À 21 ans, c’est le premier contact entre lui et l’athlétisme.

De fil en aiguille, Frontera commence à courir régulièrement, au point même de participer à sa première compétition quelques mois, seulement, après avoir débuté la course.

« Tout le monde dans mon groupe parlait des courses, alors en tant que compétiteur né, j’ai voulu essayer. J’ai pris un dossard pour le Max trail à Lyon. À cette époque, je préférais les courses natures, pour admirer les paysages », déclare-t-il.

À sa grande surprise, il termine 45ème de l’épreuve sur 100 inscrit.es. C’est sur cette course que Frontera prend conscience de ses capacités. « Je me souviens m’être dit qu’il m’en restait encore sous la semelle et que ça voulait dire qu’il y avait vraiment quelque chose à faire dans la course à pied. »

À partir de cet instant, tout s’accélère pour le Lyonnais. Il enchaîne les trails et les courses sur route dans tout le département rhodanien et améliore ses chronos à vue d’œil. Passant de 45 minutes au 10 kilomètres, à 35 minutes, en trois ans. L’idylle avait bel et bien commencé.

Des performances qui ne le laissent pas de marbre : « En 2020, je retourne là où tout a débuté trois ans auparavant, au Max trail. Cette fois-ci, je termine 5ème de la course et je me dis que c’est un truc de fou, je réalise que j’ai sûrement un avenir dans la compétition. »

Les deux mêmes courses en guise d’éléments déclencheurs pour Anthony Frontera. À ce moment-là, il a 25 ans et aspire à rêver plus grand.

Objectif podium aux championnats de France

Après un bref passage dans le triathlon, il décide de prendre, pour la première fois en 2020, une licence d’athlétisme. Malgré le Covid, Frontera explose tous ses records durant la période, si bien qu’à la sortie de la pandémie, il se consacre uniquement à la route et ambitionne de descendre sous la barre des 30 minutes. Pour cela, il décide de prendre un coach, Maxime  Runwise  bien connu dans le milieu de la course de fond.

Grâce à ces conseils, le licencié à l’AS Caluire abaisse son chrono à 29 minutes 44 sur sa dernière course de la saison au 10 km de Vénissieux et termine l’année 2022 sur les chapeaux de roues.

Il continue sur la même lancée la saison d’après, en terminant neuvième des championnats de France de 10 km et met une nouvelle fois une « claque » à son record, pour finir l’année sur un chrono de 29 minutes 09 (35 secondes de moins que son record personnel). Une année supersonique qui l’a installé dans les meilleurs coureurs du pays sur longue distance. « 2023 a été la meilleure année de ma vie…mais 2024 est arrivée.» Une saison exceptionnelle couronnée d’un nouveau record sur le 10 km de Nice (29 minutes 05) et une seconde victoire sur le 10 km de Lyon. « En 2024, j’ai marché sur l’eau. j’espère rééditer les mêmes performances pour la saison qui arrive et enfin faire un podium au championnat de France. »

Actuellement en stage aérobic d’un mois au Kenya, Anthony Frontera compte tout rafler en 2025. À 30 ans, l’histoire d’amour entre lui et l’athlétisme ne fait que commencer.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.