À 21 ans, Ted Rosenfeld bouscule les codes de l’information sportive avec son média Dans la Cage. En à peine un an, l’étudiant parisien s’est imposé dans le paysage médiatique du MMA (Mix Martial Art) grâce à une habile utilisation des réseaux sociaux et une fine connaissance de son public.
La salle du Kaseya Center de Miami est bouillonnante, rythmée par le bruit des coups. Téléphone en main, le jeune créateur capte l’instant. À l’UFC 299, l’un des plus importants événements du MMA (Mix Martial Art) mondial, il jongle entre interviews, analyses de combat et interactions avec sa communauté dans un live Instagram.
Avec son média Dans la Cage, Ted incarne une nouvelle manière d’aborder l’information sportive : directe, numérique et accessible. Pour lui, « les réseaux permettent une créativité que les médias traditionnels n’ont pas ».
À 20 ans tout juste, cet étudiant en journalisme lance son média avec pour objectif de couvrir une discipline de plus en plus populaire en France. En à peine un an, son média cumule dix milles abonnées sur Instagram et vingt-quatre mille sur Tik Tok. Un succès qui lui permet d’avoir ses entrées pour les compétitions majeures et d’interviewer des figures reconnues du MMA.
Le MMA et le virage numérique
Dans la Cage à su prendre le virage des réseaux sociaux. Alors que les médias traditionnels peinent à couvrir efficacement les événements de MMA, Ted à trouver la formule pour toucher le public via les plateformes TikTok et Instagram. « J’essaye de lier les informations, l’actualité, à des concepts fun et novateurs » détaille le jeune homme.
Une adaptation à l’audience et une compréhension des attentes du public qui lui permet de s’insérer dans un créneau alors vacant. Sur TikTok, Dans la Cage privilégie des contenus courts et dynamiques. Sur Instagram, il mise sur des analyses plus structurées ainsi que des formats photo et vidéo adaptés. Cette diversification lui permet de répondre aux attentes de ses abonnés.
Toutefois, son travail ne se limite pas à alimenter ses réseaux. Il interroge la nature de son activité, et propose un journalisme incarné. « Je ne suis pas un média traditionnel, mais tant que je délivre de l’information, des messages, je considère que j’apporte quelque chose ».
« Les réseaux c’est une chance, mais il faut avoir quelque chose à dire »
Grâce à son média, Ted accède à des événements majeurs comme ceux du PFL ou de l’Hexagone MMA, des compétitions qui rassemblent les meilleurs combattants. Ces accréditations, habituellement réservées aux journalistes travaillant pour de grands médias, lui permettent d’assister aux combats, d’échanger avec les athlètes et d’installer Dans la Cage dans le paysage médiatique. « Les réseaux, c’est une chance, mais il faut avoir quelque chose à dire » pense savoir Ted.
Au fil des mois, il affine ses analyses et crée un réseau solide. Il rencontre des combattants de renom comme Benoît Saint-Denis et Salahdine Parnasse, tout en récoltant des images et des informations exclusives. Le jeune homme constate toutefois que ses méthodes peu orthodoxes peuvent être perfectionnées : « Je me rends compte que mes interviews ne sont pas toujours parfaites. Elles sont souvent improvisées, sans préparation. Mais j’apprends, et mon objectif est de professionnaliser tout ça ».
Cette volonté de progression se reflète dans ses collaborations. Sur YouTube, il s’entoure de professionnels du MMA et propose des analyses plus détaillées. Ces longs formats de plus d’une heure sont un pas vers plus de professionnalisme.
Vers un journalisme hybride
La trajectoire de Ted interroge le devenir du journalisme sportif. Dans la Cage s’est creusé une place dans le paysage médiatique sans suivre les sentiers battus. « Je ne remplis pas toutes les cases du journaliste classique. J’y aspire, mais je pense que ce n’est pas une obligation. Tant que le message passe, c’est l’essentiel ».
En s’appuyant sur les codes des plateformes numériques, son média se positionne pour capter une audience jeune, passionnée, et qui ne se retrouve pas toujours dans les médias traditionnels. Ted semble lucide quant aux défis pour pérenniser son média : « Les réseaux offrent une liberté énorme, mais ils demandent aussi de l’exigence ». Le modèle de Dans la Cage s’appuie sur une nouvelle appréhension du public, à la croisée entre journalisme traditionnel et médias-sociaux.
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