Depuis 2021, la Recyclerie Sportive de Lyon-La Duchère offre une alternative au gaspillage dans le domaine sportif. En collectant, réparant et distribuant des équipements, elle met en pratique le principe d’économie circulaire pour rendre le sport plus accessible tout en réduisant son impact environnemental.
Dans la Recyclerie Sportive de Lyon-La Duchère, les rayons débordent de matériel sportif : vélos, équipements de ski, ballons et raquettes de tennis prêtes à reprendre du service. Juliette, responsable du pôle réparation et transformation, nous guide à travers les différents espaces de la structure. Entre la boutique, les ateliers de co-réparation et le stock, ce n’est pas le matériel qui manque.
Cet organisme prend vie grâce aux dons de particuliers ou d’entreprises comme Décathlon, qui donnent leurs invendus. Une fois les articles arrivés, ils sont triés, nettoyés, puis réparés si besoin avant d’être mis en boutique. Dans l’atelier, Paul s’occupe des vélos. Il les remet en état avant qu’ils ne soient proposés à la vente. À l’étage, dans un espace dédié aux textiles, Myrtille, volontaire en service civique, travaille sur des vêtements abîmés pour leur donner une seconde vie.
Cependant, tout ne peut pas être sauvé. « Il y a des objets qu’on ne peut ni réparer ni revendre » reconnaît Juliette. Ces déchets sont confiés à un circuit appelé « écologique » qui les achemine à la déchetterie.
« Nous faisons avec les moyens du bord »
L’économie circulaire repose également sur l’autonomie des clients. L’atelier de co-réparation, situé à côté de la boutique, incarne cette idée. Les visiteurs y apprennent à réparer leurs équipements sous la supervision de l’équipe. « Le but, c’est d’apprendre à faire soi-même » rappelle Juliette. Les outils nécessaires sont mis à disposition moyennant une cotisation de 20 euros. De même pour la boutique, une adhésion de 5 euros est demandée pour y accéder.
La Recyclerie s’appuie sur d’autres sources de financement : les ventes en boutique, des subventions et des appels à projets. Les partenariats, comme celui avec Décathlon pour le cordage de raquettes, diversifient les revenus. Ces fonds servent principalement aux salaires et au fonctionnement de la structure. Malgré ces efforts, le modèle reste fragile. Il manque d’outils spécifiques, et certaines formations proposées pour apprendre à réparer manquent de savoir-faire. « Nous faisons avec les moyens du bord » déplore Juliette.
Entre défis et opportunités
Sophie, une cliente fidèle, apprécie les prix abordables, qui sont systématiquement trois fois moins chers que les produits neufs, mais regrette le manque de diversité dans les tailles disponibles pour les adultes. « Les stocks dépendent entièrement des dons, donc c’est variable » , explique-t-elle.
Tous les objets ne sont pas recyclables : « On a des ballons de rugby, des balles de tennis. Elles sont difficiles à recycler, donc nous travaillons pour leur trouver une nouvelle utilité » explique Juliette. L’équipe effectue un travail de tri et garde certains matériaux pour les transformer.
Parmi les projets en cours, la Recyclerie collabore avec des ateliers de couture pour transformer des objets inutilisables en articles pratiques. Certains objets sont transformés en nouveaux produits, destinés à la vente ou à la présentation en boutique, grâce à des collaborations avec des ateliers spécialisés. Ces partenariats permettent de valoriser des articles que l’équipe ne peut traiter seule, mais ils engendrent des coûts supplémentaires.
Un avenir à construire
Avec ses neuf recycleries en France, le réseau national promeut cette nouvelle façon de faire fonctionner une structure. À La Duchère, l’accent est mis sur la réparation des vélos, le design d’objets, la transformation des équipements inutilisables. « Nous avons d’autres partenaires et posons des boîtes de récupération dans divers magasins pour collecter des articles de toute marque ». Cependant, le manque de main-d’œuvre et les contraintes financières freinent le développement. « On a quelques bénévoles, mais tout n’est pas fondé dessus. Les collaborations avec des écoles qui imposent des heures de bénévolat à leurs élèves nous aident beaucoup ». L’ouverture d’une seconde boutique en centre-ville est envisagée pour élargir le public.
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