Murs d'habitations de la ville de Colmar décorés de différents luminaires.

Décorations des marchés, troquer le rouge de Noël pour le vert de l’environnement

Dans les marchés de Noël alsaciens, certains tentent de jongler entre la magie des illuminations et leur impact environnemental. À Colmar, visiteurs, commerçants et associations n’ont pas tous le même avis sur la question.

Des expositions lumineuses sur chaque maison, des enseignes supplantées de néons et de la fumée à chaque coin de rue. Voilà comment décrire le marché de Noël de Colmar, lieu créateur de chaleur humaine et énergétique. Le journal Sud-Ouest indique qu’en 2023, à Colmar en Alsace, plus de 2,8 millions de personnes ont arpenté les étalages du marché de Noël. Le nombre devrait être équivalent à celui de cette année qui s’est clôturée ce 29 décembre.


Des lumières à perte de vue

Daniel, 61 ans, venu du sud de la France avec sa famille, est ébahi par le décor : « On a aussi ce genre de marché par chez nous, mais ici, c’est impressionnant, toute la ville se met au jeu, il y a des éclairages partout ». Du Champ de Mars à la Petite Venise, parents et enfants admirent les nombreuses décorations qui font, en partie, la renommée de l’événement. Cette abondance de lumière n’est pas un cas isolé. Le site Business Research Insights montre que chaque année, la taille du marché mondial des lumières et des décorations de Noël augmente. Évaluée à 7 000 millions de dollars en 2020, cette dépense pourrait atteindre 9 000 millions d’ici à 2030. Le père de famille est moins enthousiaste quant à la consommation de telles installations : « C’est vrai que je ne me suis jamais demandé à quel point un lieu comme ça pouvait consommer, mais quand je vois déjà notre consommation électrique, je ne veux même pas imaginer. »

Même du côté des commerçants, certains sont moins réceptifs quant à la consommation électrique qu’ils peuvent produire. Une enquête, réalisée en 2022 par l’ADEME, révèle qu’environ 44 % des Français n’ont jamais songé aux impacts environnementaux que peuvent avoir les fêtes de fin d’année. En Alsace, région connue pour ses festivités de Noël, la tentative de diminuer la consommation électrique est visible.

À l’aube de premières initiatives

Pour faire face à ce défi, certains cherchent des solutions à la fois économiques et écologiques. Émilie, illustratrice au marché de Noël, a sa méthode : « J’ai des créations qui ont besoin de beaucoup de luminosité pour être regardées, et d’autres moins, donc je réfléchis à l’emplacement de mes lumières pour en avoir moins. » Cette réflexion sur l’utilisation des lumières est également cruciale pour la ville de Colmar, organisatrice de l’événement. Entre 2008 et 2017, la consommation électrique des illuminations de Colmar a baissé de 84,6 %, selon le journal L’Alsace. Cela s’explique en grande partie par l’utilisation d’éclairage LED, jusqu’à quatre fois plus économique en énergie que les ampoules à incandescence. Une dépense équivalente à la consommation électrique de sept habitants au cours d’une année.

L’association régionale Éco-Manifestations Alsace (EMA) a pour mission de rendre les marchés de Noël plus verts. Elle conseille les structures souhaitant adopter des pratiques écoresponsables par la transmission d’outils, de guides ou la formation d’équipes sur des questions environnementales. Leur dernier rapport d’activité indique que depuis 2019, l’association a suivi près de 300 événements. Grâce à des chartes d’accompagnement et d’engagement, EMA souhaite rendre les environnements festifs meilleurs pour la planète. Le marché de Noël de Mulhouse et celui d’Hombourg-Haut sont, par exemple, labellisés par l’association. Le choix du type et du placement des lumières incarne des actions simples pour réduire de manière concrète la consommation électrique de tels événements.


Une prise de conscience progressive

Au fur et à mesure, davantage de personnes s’interrogent sur la consommation électrique des marchés de Noël. Chris, bénévole à l’EMA, témoigne : « Cela fait trois ans que chaque année, de plus en plus de gens viennent nous voir pour rendre leurs événements plus verts. » Selon le baromètre GreenFlex ADEME réalisé en 2023, les Français consomment de façon plus responsable pour « la santé de la planète et l’environnement ». Le bien-être personnel et l’assurance d’un avenir pour les générations futures, venant juste après. Émilie partage cet avis : « Si ça ne change pas grand-chose à ma petite vie, autant adopter des gestes plus écoresponsables. Ce sont les petites actions de chacun qui aident la planète. »

Dans quelques années, la majorité de ces marchés pourraient témoigner de nouvelles habitudes, pour que, peut-être, le sapin ne soit plus la seule chose verte à Noël.

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.