Crédit photo : Dance in Lyon.

Yanis Ourabah photographie la ville des lumières au rythme des danseurs

Allier la danse et l’architecture lyonnaise, c’est l’idée du projet photo Dance in Lyon de Yanis Ourabah. Depuis 2012, il photographie des danseurs en utilisant la ville de Lyon comme décor. Qu’il s’agisse du chantier du Métro B ou de la cour de l’Hôtel-Dieu, la grâce s’invite dans chaque recoin de la ville. 

Quand la danse prend vie au cœur de Lyon. À la croisée de cet art et de l’architecture, le photographe Yanis Ourabah sort les danseurs des studios, en les capturant au cœur des rues de la ville. Un travail minutieux puisqu’il souhaite mettre en valeur à la fois les trésors architecturaux de la ville et le danseur. Face à l’Hôtel-Dieu, son endroit préféré à Lyon, l’artiste de 42 ans revient sur la naissance de Dance in Lyon, qu’il a lancé en 2012.

Sublimer la danse à travers Lyon 

Depuis plus de dix ans, Yanis Ourabah parcourt la ville à la recherche de lieux emblématiques et de recoins méconnus. « Je veux montrer Lyon aux gens qui ne connaissent pas la ville et surprendre les Lyonnais en leur faisant découvrir la ville sous un nouvel angle », explique l’artiste lui-même lyonnais. Avec ces différents styles architecturaux allant des immeubles haussmanniens à la modernité du quartier de Confluence, Lyon est pour lui un terrain de jeu idéal. Le photographe a de suite eu une préférence pour les architectures en béton avec des perspectives profondes et des lignes de fuite : « le béton rend les lieux très rigides et monochromes et mon but, c’est de mettre en scène les danseurs et les danseuses pour ajouter de la grâce et de la légèreté ».

À travers son objectif, Yanis saisit l’harmonie des postures chorégraphiées des danseurs. Il a d’abord commencé par photographier des danseuses classiques, notamment de l’Opéra de Lyon. Une discipline difficile à appréhender pour l’artiste au départ. « Je suis content d’avoir commencé par la danse classique, car c’est une pratique très cadrée », indique-t-il. Aujourd’hui, il prend également en photo des danseurs de hip-hop, de break dance et de parkour. 

Yanis Ourabah a photographié une danseuse devant le Grand Hôtel-Dieu à Lyon. Crédit photo : Dance in Lyon.

« J’ai eu un véritable déclic lors de la première séance, un coup de foudre même »

Dance in Lyon est né de sa rencontre avec une danseuse classique fraîchement diplômée du conservatoire. À cette époque, Yanis était photographe en auto-entrepreneur depuis deux ans. Il occupait aussi un poste de cadre commercial dans un réseau de magasins de montagne depuis plusieurs années. Il réalisait beaucoup de portraits féminins et commençait à être connu à Lyon pour ce style. Une danseuse professionnelle du nom de Clémence, tout juste sortie du conservatoire, lui demande des photos pour son book. « Je n’étais pas du tout calé dans le domaine de la danse, ce n’était pas mon univers, mais j’ai quand même accepté », déclare l’artiste, « j’ai eu un véritable déclic lors de la première séance, un coup de foudre même ». Très vite, son travail a commencé à plaire et Yanis a été contacté par d’autres danseurs. En 2015, il décide de quitter son emploi et de tenter sa chance en tant que photographe. 

Saisir l’émotion dans le mouvement 

Capturer le mouvement a toujours été la passion de Yanis. Photographe autodidacte depuis son plus jeune âge, il est également passionné de sports extrêmes et de montagne. Avant de lancer Dance in Lyon, il a photographié des sports extrêmes comme le skate, le snowboard ou encore le ski. Des expériences qui ont influencé sa manière d’aborder la danse en photographie : « mon expérience avec les sports extrêmes m’a appris la notion de timing, de mouvement, mais aussi l’émotion à transmettre ».

Dans la danse, Yanis a retrouvé des points communs avec ce qu’il aimait faire avant dans la photo de sport extrême. Pour l’artiste, un cliché réussi est à la fois dynamique, techniquement précis et chargé d’émotion. « Quand je photographie les danseurs, j’essaye de transmettre l’émotion que je vis sur le moment, mais aussi de retranscrire le style de la personne et c’est un vrai challenge », admet-il en souriant, « c’est quelque chose que je tiens de la photo de sport qui m’a accompagné au début ». Ça a de suite été une évidence pour lui de capturer les clichés en extérieur et non pas enfermé dans un studio. 

Mettre en lumière son travail 

À côté de Dance in Lyon, Yanis continue de réaliser des missions institutionnelles. « Aujourd’hui, ce projet représente 60 % de mon temps et j’aime avoir cette visibilité à court terme que permet mon métier », déclare le photographe. Yanis partage l’ensemble de son travail sur son compte Instagram et sur son site internet. Réputé pour ses photos, il réalise une dizaine d’expositions par an. Ses clichés ont notamment été exposés dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu et dans le centre commercial de la Part-Dieu. Actuellement, elles sont visibles dans plusieurs hôpitaux lyonnais. Les plus observateurs pourront reconnaître ses photos dans la série sur le ballet intitulée Étoile, avec Charlotte Gainsbourg, à venir sur Prime Vidéo. 

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.