Airbus, le leader sur le marché mondial de la construction aéronautique. © Banque d'images Pexels

Airbus : l’implantation du constructeur aéronautique et spatial comme moteur pour l’économie Occitane

De l’emploi, des entreprises et un chiffre d’affaires en pleine croissance : le secteur aéronautique et spatial de la région d’Occitanie connaît une belle évolution depuis l’implantation d’Airbus à Toulouse en 2012. Le constructeur, leader devant Boeing, place la région en tête en matière d’aéronautique et d’aérospatial.

À l’échelle mondiale,  il existe uniquement deux constructeurs dans le secteur de l’industrie aéronautique et spatiale. Le célèbre duopole, depuis les années 1990, oppose l’américain Boeing à l’européen Airbus. Une concurrence qui s’est formée suite à de nombreuses fusions d’entreprises dans le secteur. 

Dès 2012, Airbus s’implante dans le sud-ouest de la France, dans la ville de Blagnac, au nord de Toulouse. Son siège est déplacé après avoir coexisté à Paris et Ottobrunn, dans la banlieue de Munich en Allemagne. Il est actuellement co-situé à Blagnac et à Leyde, aux Pays-Bas. 

Des effectifs salariés en hausse

Le constructeur aéronautique et spatial déclare employer plus de 56 000 salariés en France. Leader mondial devant Boeing, Airbus a généré près de 29 milliards d’euros pour le secteur aéronautique et spatial en 2024. Son implantation n’a donc rien d’anodin pour la région d’Occitanie. 

Selon les données de l’Urssaf (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales), les effectifs salariés et le nombre d’établissements dans le secteur de l’aéronautique et spatial ont nettement augmenté depuis 2014 dans la région Occitanie. En une décennie, le nombre de salariés de la filière est passé de 36 588 à 47 065, soit une augmentation de 28,6%. 

Une donnée qui complète celles sur le nombre d’établissements dans la filière. Entre 2014, l’année où Airbus a nettement développé ses activités et 2024, 16 nouvelles entreprises se sont installées dans la région, passant de 49 établissements à 65 en l’espace de 10 ans. Une activité importante qui représente à elle seule 30% de l’emploi national dans l’aérospatial selon la Région Occitanie.

La pandémie mondiale avait tout de même touché l’activité aéronautique et spatiale occitane. Le secteur a vécu une baisse des effectifs salariés en 2021, repassant en dessous des 40 000 salariés. Néanmoins, l’activité s’est largement remise de la crise au niveau de ses effectifs, dépassant ses chiffres de 2019, avec plus de 5000 nouveaux salariés.

Toulouse, pilier de l’activité aéronautique occitane

L’activité aéronautique occitane et spatiale est divisée entre les huit départements de l’ex-région Midi-Pyrénées (fusionnée avec le Languedoc-Roussillon en 2016) : la Haute-Garonne, le Lot, l’Ariège, les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Tarn-et-Garonne, l’Aveyron et le Tarn.

On constate déjà en 2022 que la Haute-Garonne, département où se situe la ville de Toulouse, concentre 52,2%, soit plus de la moitié de l’emploi industriel de la filière aérospatiale de la région. Selon l’Insee (Institut de la Statistique et des Études Économiques) cela représente quatre cinquièmes de l’emploi aéronautique et la quasi-totalité de l’emploi spatial de l’ex-région Midi-Pyrénées. La Haute-Garonne se place ainsi loin devant les départements du Lot et de l’Ariège qui représentent chacun 24,3% de l’emploi de la filière en 2022. Une activité particulièrement importante dans le département de Toulouse qui s’explique en grande partie par l’implantation du siège d’Airbus dans la Ville Rose. 

Un tiers du chiffre d’affaires français

Économiquement, le secteur aéronautique et spatial sort d’une crise liée au Covid-19. Il se remet progressivement de l’impact de la pandémie. En 2024, le chiffre d’affaires de la région Occitanie dépassait les 25,7 milliards d’euros, loin devant les régions Île de France et Nouvelle Aquitaine, avec respectivement 17,5 et 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires. À l’échelle nationale, le secteur français a rapporté 77,7 milliards d’euros. La filière aéronautique et spatiale occitane représente donc 33,1%, soit quasiment un tiers du chiffre d’affaires français. 

Depuis l’implantation d’Airbus en 2012, la prospérité de la firme a profité à l’ensemble de la région occitane, mais plus particulièrement au département de la Haute-Garonne comme l’indiquent les données de l’Insee. Des milliers d’emplois créés, de nouvelles entreprises aéronautiques, mais il reste une ombre au tableau.

La pandémie mondiale de 2020 a nettement impacté la filière aéronautique et spatiale en France. Le post Covid-19 reste compliqué pour le secteur qui retrouve peu à peu son chiffre d’affaires de 2019. Selon les chiffres de l’Insee, en Occitanie, le chiffre d’affaires du secteur a chuté de 33% entre 2019 et 2020. Depuis, le domaine a repris en croissance. En 2024 le chiffre d’affaires augmente de 7% par rapport à l’année précédente (2023) et on observe un écart moins important avec les chiffres de 2019. Il a été réduit à seulement 4%.

Si l’économie est bien repartie, la création d’emploi stagne pour la filière. En 2024 en Occitanie, on compte 500 postes nets créés en aéronautique et aérospatial, soit une hausse limitée de 0,4 %. L’année précédente, la progression atteignait pourtant les 4,4 %.

Faire face aux enjeux économiques et écologiques

En 2025, l’entreprise Airbus a livré 793 avions, se plaçant devant son concurrent américain Boeing, en termes de livraisons. Toutefois, ce chiffre reste en dessous de son record de 2019, s’élevant à 863 avions livrés à 99 clients. La pandémie a touché la chaîne d’approvisionnement du groupe aéronautique et spatial, qui peine à retrouver ses chiffres d’avant crise. Néanmoins, Airbus a adopté une nouvelle stratégie afin de combler un potentiel déficit économique. En valorisant son carnet de commandes et en optimisant les coûts, Airbus réussit à générer plus de revenus en livrant moins d’avions qu’avant la crise sanitaire de 2020. 

Malgré une belle croissance économique. Airbus, comme le secteur de l’aviation de manière générale, doit faire face à de nouveaux enjeux écologiques. En réponse aux pressions environnementales qui pèsent sur le secteur de l’aviation, Guillaume Faury, PDG d’Airbus, apporte une réponse claire dans une interview accordée à la radio France Inter le 10 décembre 2025 : “Ce secteur contribue au réchauffement climatique par ses émissions, mais c’est 2,5% des émissions de carbone mondiales, il reste 97,5% dont il faut s’occuper également. Quand on pointe du doigt l’aviation commerciale comme la responsable du carbone, c’est vraiment pas du tout adapté.”
Le groupe Airbus cherche néanmoins à réduire ses émissions. En mars 2025, il lance une étude avec des partenaires industriels et universitaires canadiens sur les émissions non-CO2 des avions. Son objectif : mieux comprendre l’impact de ses différents carburants sur les émissions de dioxyde de carbone pour parvenir à les limiter.

Céline Abi-Aad et Sterenn Tiberghien

Horizons Médiatiques

Le monde raconté par les étudiant·es du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l'Université Lumière Lyon 2.